Edito : C’est la rue qui doit gouverner !

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Deux types d’images fortes ont marqué cet été 2003.

D’abord une chaleur caniculaire qui a duré plus de deux mois et qui porte peut-être la marque du dérèglement climatique dû à l’effet de serre. Canicule, incendies de forêts, tempête, inondations, fontes des glaciers... ce que les médias nous présentent comme des catastrophes naturelles est aussi lié au productivisme et à la surconsommation énergétique de la planète dont les capitalistes s’efforcent de repousser toujours plus loin les limites pourtant déjà atteintes.

De même, les milliers de mort(e)s par déshydratation et insuffisance respiratoire (pollution) ne sont pas morts d’une mort si naturelle. Absence de campagne de prévention, silence des semaines durant du gouvernement... à cela il faut ajouter des années de réduction des moyens de l’hôpital public et de blocage du recrutement des personnels soignants par les pouvoirs de droite et de « gauche ». En bout de course la note est salée. Des milliers de mort(e)s qui auraient pu être sauvé(e)s et qui sont sacrifiés sur l’autel d’un capitalisme qui exige moins de service public, moins de solidarité et plus de chacun(e) pour soi.

En prolongeant la durée du travail et en abaissant le niveau des retraites, en se préparant à « sauver » la Sécurité sociale par sa privatisation progressive, gouvernement, Medef et syndicats jaunes font le choix criminel de la réduction de l’espérance de vie pour des milliers de personnes.

Il n’y a pas de compromis possible avec les partisans de ce projet de société.

Autre image, source d’espoir, celle-là, celle du rassemblement Larzac 2003 qui a attiré plus de 300 000 personnes. Au-delà du nombre et des motivations diverses des participant(e)s, on retiendra qu’il a été un moment privilégié pour fédérer toutes celles et ceux qui veulent se battre pour un autre futur et en découdre pour ce faire avec le gouvernement, le Medef et les institutions internationales.

Que ce soit contre l’accord général sur le commerce et les services négocié à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), pour une agriculture paysanne, pour l’auto-organisation et le développement de contre-pouvoirs, pour la préparation d’une rentrée que nous souhaitons, comme José Bové, nous aussi brûlante, les débats ont rassemblé beaucoup de monde.

Ils nous parlent d’efforts, de sacrifices, d’ordre, de gain de productivité, de placements, de privatisation,...

Nous avons soif d’égalité, de solidarité, de liberté, d’utopie symbolisée par ce pouvoir rendue à la rue et qui demain nous l’espérons balayera le pouvoir inique et réactionnaire symbolisé par les Raffarin, Seillière et Chérèque.

Alternative libertaire, le 17 août 2003

 
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