Education : 6 septembre : « chaud devant » !

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La rentrée sociale commence le 6 septembre. Le Snes-FSU appelle à une journée quand la Fédération Sud Éducation compte amorcer un mouvement de grève reconductible « de la maternelle à l’université ».

Que doit-on penser de cette date ? Si le Snes appelle le seul second degré à la grève, l’appel de Sud Éducation vise, lui, à mobiliser l’ensemble de l’Éducation nationale. Les deux appels ne se retrouvent pas et le tract national du Snes réussit le tour de force de ne pas mentionner la journée de grève interprofessionnelle du 7 septembre ! À contrario Sud Éducation inscrit ces deux journées dans une dénonciation de la politique d’austérité avec pour objectif une mobilisation convergente sur le service public et les retraites. Quant au Snuipp-FSU (premier degré), il a refusé d’appeler à la grève le 6, tout comme l’Unsen-CGT.

Il n’en reste pas moins que de nombreux personnels de l’éducation nationale vont faire grève et se retrouver dans la rue deux jours de suite. Que peut-on espérer construire à partir de cette situation ?

Explosera, explosera pas ?

Il s’agit bien-sûr de poser la question de la grève reconductible, dynamique encore absente au niveau national, mais que des appels communs CGT-FSU-Sud au niveau départemental pourraient appuyer. Si certains veulent voir dans la « grève-Snes » de la rentrée un « coup bureaucratique » dans la perspective des élections professionnelles d’octobre 2011, il ne faut pourtant pas faire abstraction de la colère montante dans le secteur, ni des équipes de terrain qui peuvent se retrouver au coude à coude dans les luttes quotidiennes. C’est à partir de ces réalités-là qu’on peut travailler à ce qu’émerge une mobilisation d’ampleur. Pour cela, les heures mensuelles d’info syndicales communes, les AG de personnel, peuvent et doivent se multiplier.

Comme en 2003, une grève reconductible peut prendre tant sur le refus de la contre-réforme des retraites que sur l’opposition au démontage en règle du service public d’éducation. Mais à l’inverse de 2003, c’est une grève gagnante qu’il nous faut : septembre n’est pas juin et la question du blocage des examens est hors-champ. Quels leviers peut-on alors actionner ? Une des clés résidera dans l’enracinement d’une grève au plus près du terrain. Ainsi le syndicat CGT-Éduc’action du Morbihan veut lancer des « cahiers d’exigences », établissement par établissement. Une idée dont on peut s’inspirer : la mobilisation, adossée à l’axe interpro des retraites, s’appuierait alors sur des revendications unifiantes élaborées à la base. De là il s’agirait de bâtir une grève auto-organisée aux formes rassembleuses : occupations d’établissements, nuits des écoles, cours alternatifs, réquisitions d’emplois…

Pour une école émancipatrice

Dans une telle mobilisation, il faut proposer des axes à partir desquels construire des revendications concrètes et matérielles. Si le Snes et plus globalement la FSU, n’ont comme perspective qu’une défense du statu-quo, nombreux sont celles et ceux, et pas seulement les syndicalistes de lutte, qui pensent qu’il faut parler des conditions de travail et notamment de l’accentuation des pressions hiérarchiques [1]. Car, comme ailleurs, l’objectif de ces pressions est de « mater » les personnels pour anéantir toute résistance collective.

Autre axe mobilisateur, celui du sens et de l’orientation du service public d’éducation. Aujourd’hui l’ensemble des contre-réformes, le détournement massif d’argent public vers l’enseignement privé, dessinent le projet des classes dominantes pour l’école. Ce projet est fondé sur l’inégalité, la sélection et la reproduction sociale. L’enjeu est de construire une vraie résistance à ce projet, qui affirmerait que l’école peut et doit être un lieu d’émancipation et d’égalité.

Théo Rival (AL Orléans)

[1Voir à ce sujet SUD Éducation, Le livre noir de la hiérarchie

 
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