Classique de la subversion : Sorel, « Réflexions sur la violence »

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Chaque mois, un livre qui a compté dans l’histoire des idées subversives


Publié pour la première fois en 1908, les Réflexions sur la violence sont l’œuvre de Sorel qui a eu le plus d’influence. Si Sorel se définissait en tant que marxiste au moment ou il écrit ce livre, celui ci mérite l’attention des libertaires.

La thématique centrale des Réflexions est la violence, utilisée par la classe ouvrière dans ses affrontements avec la bourgeoisie, que ce soit lors de grèves ou d’actions militantes. Sorel pense que cette « violence prolétarienne » est la méthode la plus efficace pour arriver au socialisme. Dans la lignée de Marx, il part du principe que le capitalisme doit arriver au point culminant du développement des forces productives avant que le socialisme ne soit possible. Selon Sorel, la bourgeoisie ne sera efficace dans sa tâche de développement de ces forces que si elle s’attache à maximiser son taux de profit et refuse de faire des concessions aux travailleurs qui diminueraient la croissance des forces productives. La violence ouvrière rentre dans cette logique. Si les travailleurs répondent aux concessions de la bourgeoisie avec d’autant plus d’acharnement, la bourgeoisie en conclura qu’il n’y a rien a gagner par le biais de concessions et arrêtera d’en faire. Selon Sorel, la violence accélère le developpement des forces productives et aide à établir les pré-conditions matérielles du socialisme, point de vue qui, au regard de l’histoire, peut être... remis en question !

Même si les vues de Sorel sur le développement du capitalisme sont inspirées de Marx, les positions politiques qu’il défend dans les Réflexions ont été défendues par des libertaires. Parmi ces positions, on pourra citer un anti-étatisme radical, la condamnation du socialisme parlementaire, la défense du syndicalisme révolutionnaire ainsi que de la grève générale insurrectionnelle. De plus, Sorel offre une défense originale et bien distincte de ces positions. Pour toutes ces raisons, ceux qui sont intéressés dans la théorie et la pratique de lèanarchisme auront de la matière de réflexions dans les Réflexions sur la violence.

Renzo Llorente

  • Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908 450 pages, réédité aux édition Labor, 1946.
 
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