Edito : Christine la mère maquerelle

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Et voilà de nouveau une porte-parole de la droite catholique, Christine Boutin, qui, dans le magazine L’Optimum, suggère la réouverture des maisons closes, c’est-à-dire la ségrégation des prostituées dans des lieux soumis au racket des proxénètes et de la police. Ces maisons dont toutes les femmes qui y ont travaillé disaient qu’il n’y avait rien de pire, et qu’une ancienne prostituée devenue députée, Marthe Richard, a fait interdire en 1946.

Rouvrir, dit Boutin : « pourquoi pas ? » Mais attention ! Au nom du contrôle sanitaire bien sûr ! Comme s’il pouvait exister un tel contrôle entre chaque passe. Sur le client ? Ah non, pas sur lui, non… mais sur la femme bien sûr, qui elle, peut à bon droit être suspecte d’« infection »…

On est là dans la continuité de la Loi de sécurité intérieure (LSI) de 2003 : l’invisibilisation des prostituées, plutôt que la lutte contre la prostitution et l’aide à en sortir.

Parce que la prostitution, toute société d’ordre moral est favorable à sa réglementation, du moment qu’elle est cachée. Cela rend service à « la nation » en canalisant les tueurs, les violeurs et les psychopathes qui sinon déferleraient sur nos femmes, nos sœurs et nos filles ! Comme le disait saint Augustin, le père de l’Eglise romaine, « les prostituées sont dans la cité ce qu’un cloaque est dans un palais. Supprime ce cloaque et le palais tout entier deviendra un lieu infect ». C’est cette morale religieuse qui, aujourd’hui encore, sous des aspects « sanitaires » ou d’« ordre public », inspire nos politiciens.

Et après ? Cela ne concerne que les pauvres, n’est-ce pas ?

Alternative libertaire, le 24 novembre 2009

 
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