Antipatriarcat

Pharmacopée : le genre des scandales sanitaires

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Le capitalisme des producteurs de médicaments, prêts à tuer pour vendre, complète cruellement les injonctions patriarcales.

Si des hommes sont victimes d’atteintes à la santé liées à des produits toxiques, c’est en général dans le cadre de l’exploitation capitaliste (cancers liés à l’amiante, silicose, glyphosate). En ce qui concerne les femmes, les impératifs de minceur et de jeunesse, les mauvais soins de la santé sexuelle et reproductive ou le mépris pour les femmes en sont les causes principales.

Le Mediator est un antidiabétique. Mais il agit en coupe-faim et a été prescrit pendant des années en tant que tel pour faire maigrir des femmes. Il a été mis sur le marché en 1976, les alertes sur sa dangerosité datent des années 1990, il détruit les valves cardiaques et produit de l’hypertension artérielle pulmonaire. Retiré du marché en 2009, il a tué environ 2 000 personnes [1], essentiellement des femmes.

L’Androcur est un antiandrogène prescrit aux femmes qui ont une pilosité jugée excessive, ou contre l’acné. Il provoque des méningiomes, tumeurs non cancéreuses mais pas bénignes puisqu’elles peuvent affecter le fonctionnement du cerveau et laisser des séquelles après opération. L’Androcur peut aussi être prescrit aux femmes trans. Il n’est pas retiré, mais depuis 2011, sa notice avertit du risque.

La ménopause est un phénomène d’abord social, certaines langues n’ayant pas de mot pour la nommer  [2]. Elle est décrite comme une insuffisance hormonale, voire une maladie, alors que c’est seulement un autre moment de la vie hormonale des femmes. Le vieillissement des femmes est une maladie, quand celui des hommes n’est que maturité et expérience. Les traitements hormonaux de «  substitution  » sont cancérigènes, mais finalement ce n’est pas un scandale. Et on commence à se demander s’ils ne provoquent pas aussi des méningiomes, comme l’Androcur.

La contraception, source de profits et de douleurs

Les implants Essure, posés par voie naturelle dans les trompes assuraient la stérilisation des femmes porteuses et aussi leur empoisonnement à l’étain causant des douleurs importantes et des symptômes invalidants  [3]. Ils ont été posés de 2005 à 2017 et sont maintenant retirés au fur et à mesure des diagnostics. Rappelons-nous que la seule contraception sans effets secondaires sur les femmes est la contraception ou la stérilisation masculine.

Socialisation des laboratoires pour contrer le capitalisme, combat contre les stéréotypes de ce que doit être une vraie femme pour contrer le patriarcat sont les solutions contre ces scandales à répétition. Il nous suffit de nous unir pour les abattre.

Christine (UCL Sarthe)

[2« La fabrique de la ménopause », Dieses.fr, 13 janvier 2021.

 
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