Antifascisme

Décryptage #2 : «  remigration  »

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Tous les deux mois, Alternative libertaire se propose de décrypter une expression de la novlangue d’extrême droite. Aujourd’hui, la «  remigration  ».

La remigration est un de ces néologismes dont l’extrême droite a le secret, à croire qu’à l’instar de Zemmour qui y fit ses premières armes, c’est dans les agences de pubs qu’ils vont forger leur propagande. La définition qu’en donnent les identitaires est simple et semble presque innocente, la remigration c’est nous disent-ils, l’inversion du flux migratoire. Ça fait très technique, mécanique, bref pas politique… et pourtant. L’usage de ce terme a été popularisé par les identitaires dans les années 2010.

Leur leader d’alors, Fabrice Robert, ex-militant de Troisième voie, d’Unité radicale, du FN puis du MNR organise en 2014 les «  Assises de la remigration  » qui virent entre autres Renaud Camus, Jacques Bompard, ou Jean-Yves Le Gallou déglutir leur haine. Le terme se démocratise alors et les dirigeants du FN s’en emparent : Nicolas Bay, Louis Aliot et même Marine Le Pen avant de l’abandonner très rapidement, le jugeant sans doute peu compatible avec son entreprise de dédiabolisation.

Peu importe le succès est au rendez-vous. Renaud Camus et Éric Zemmour s’en font les zélés propagateurs. En 2019, c’est une candidate de Debout la France, qui se dit prête à «  poser la « remigration » sur la table  ».

Mais ne nous y trompons pas le sens qui est entendu par ceux qui l’utilisent est un poil plus radical que cet enrobage mécaniste d’inversion des flux, la remigration signifie ni plus ni moins que le déplacement forcé de populations entières. Une idée somme toute pas si nouvelle à l’extrême droite.

V. Klemperer

 
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