Dossier CPE : Poussée d’acné chez les fafs

Version imprimable de cet article Version imprimable


À Paris principalement et dans quelques villes de province, ces deux mois d’effervescence auront eu pour effet de redonner un peu d’ambition (vite battue en brèche) à l’extrême droite étudiante - Front national de la jeunesse (FNJ), Rassemblement des étudiants de droite (RED) et Bloc identitaire pour l’essentiel.

Divisés sur la question du CPE, c’est l’opposition à la grève et au blocage des universités qui va focaliser leurs agissements avec une présence plus ou moins discrète dans les rangs des étudiant(e)s antigrévistes et antiblocages, et une stratégie visant a créer tensions et affrontements dans les AG ou devant les piquets de grève. Fiasco absolu de ce point de vue. Ils ont reçu plus de coups qu’ils ne pouvaient prétendre en donner, et ces tentatives de débordements ont été rejetées même par l’immense majorité des « antibloqueurs ».

Pour ce qui est de tenir la rue face à la « racaille gauchiste » et « remettre de l’ordre » dans les facs, le bilan est encore moins brillant. L’extrême droite a durant le mouvement essentiellement joué à se faire peur. Le simili commando déployé le 8 mars à proximité de la fac de Tolbiac occupée et qui ne tiendra pas bien longtemps en est l’exemple le plus caricatural. Mais c’est l’occupation de la Sorbonne et les affrontements des jours suivants dans le Quartier latin - la mythologie fonctionne pour tout le monde ! - qui ont donné un coup de fouet à l’activisme fasciste.

Un rassemblement du RED sera contré le 12 mars devant la Sorbonne, entraînant l’interpellation par la police de... deux militants syndicaux (CNT et SUD) ! Le mardi 14 mars, une centaine de militants, du FNJ, principalement, paradent sur le boulevard Saint-Michel avec casques et barres de fer et chargent des anti-CPE, les flics n’intervenant que pour protéger... l’extrême droite, qui bat en retraite sous une pluie de projectiles ! Le jeudi 16 mars, nouvelle tentative qui se solde par plusieurs interpellations dont celle d’Alexandre Ayroulet, directeur national du FNJ.

Puis c’est le silence radio, les fascistes, qui ont le bec cloué par la force et la radicalité du mouvement social, ne jouent aucun rôle et se contentent d’une participation aux squelettiques rassemblements antigrève animés par l’UNI (l’Union nationale interuniversitaire, liée à l’UMP est très perméable à l’extrême droite), dont les militants et les locaux ont par ailleurs aussi vécu des heures difficiles tout au long du mouvement...

Il est toutefois probable que la déferlante gréviste aura achevé de convaincre de s’organiser quelques jeunes tondus déjà perméables aux idées d’extrême droite et écœurés de voir leurs facs livrées à la “ racaille gauchiste ”. Il faudra être vigilant(e)s de ce côté-là et contrer toute tentative de réapparition dans les universités et les lycées.

Clément (AL Paris-Est)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut