Entretien

Etienne et Jérôme (groupe rock Retire tes doigts !) : « Au début on avait que ça, Internet, pour se faire connaître »

Version imprimable de cet article Version imprimable


Un entretien avec Etienne (chanteur/guitariste) et Jérôme (accordéon)

Comment définissez-vous le style musical de Retire tes doigts ?

Retire tes doigts : Le style actuel, c’est plutôt « rock n’ roll roumain »... on a essayé de trouver dix-mille définitions, avant c’était « java punk » et « rageous valse », « punk tsigane »... y a le côté tsigane à fond, musique de l’Est, et de plus en plus y a le côté rock n’ roll derrière...

À la base, c’est un groupe de rue, qu’on a monté il y a cinq ans. On jouait partout, en formule légère pour pouvoir jouer à l’arrache, et vraiment, on a joué partout à l’arrache ! on a fait plein de rue au début, après de plus en plus de bars, et puis après on a commencé à nous demander de jouer sur des scènes… et après, tu prends le goût du truc, aussi, du son, c’est hyper bien, du coup à la base c’était vachement acoustique, tous les instruments sont des instruments acoustiques, et maintenant, de plus en plus, on commence à mettre de la guitare électrique, même sur l’accordéon y a des effets, de la distorsion, etc., et c’est plus rock n’roll.

Au début on jouait dans la rue, on partait en voyage, on est partis en Tchéquie, en Pologne, en Espagne, en camion, sans rien demander à personne, on tapait la manche pour se faire des vacances, et puis pour rencontrer du monde c’est vraiment excellent, la rue c’est vraiment un truc mortel, et qui nous a permis aussi de nous roder, de roder le truc avec les gens et tout, et d’avoir le contact, c’est vachement différent…, maintenant on en fait encore, on joue sur scène et des fois on retourne en rue, au marché, et c’est bien... Au départ on a voyagé pas mal, on jouait plus en Tchéquie ou en Pologne qu’en France, c’était bien, et on continue : cet été on a été en Bosnie avec Retire tes doigts et Tapage... on a joué en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne, partout…

Vous allez bientôt enregistrer un disque, quelle est votre ambition ?

Retire tes doigts : Notre ambition, c’est de vendre des disques pour se faire connaître, c’est pas de gagner des thunes avec ce truc-là... enfin, on n’en sait rien, si ça se trouve on va gagner plein de blé ! Mais l’ambition c’est surtout de gagner notre vie avec les concerts, d’être tous intermittents... ce qui n’est pas gagné encore !

Le disque sera autoproduit, et après il va être distribué par Irfan, c’est le label des Ogres de Barback. Eux aussi ils sont indépendants, on ne sait pas encore comment on va faire, mais voilà, on va voir ce que ça va donner... C’est vrai qu’on s’est pas mal posé la question, comment le faire, et tout, les trucs de droits, de machin, comment procéder... là ça paraît pas mal : à la base, on voulait faire un disque à 10 ou 12 euros - le premier disque, avec six titres, il est à 6 euros, on a toujours fait comme ça, des disques pas cher, on trouvait ça hyper bien parce que du coup t’en vends plein, t’en vends partout, et c’est rigolo… après, vu les coûts de tout, ce sera plutôt 13 euros en concert, et chez les marchands de disques à priori ils achètent ça 9 euros, et après ils font leur marge dessus, et le truc c’est qu’apparemment, toi t’es pas libre de dire le prix qu’ils vont le vendre, ils peuvent le vendre 24 euros, c’est pour ça qu’on va mettre une mention « n’achetez pas ce disque au-delà de quinze euros », pour être sûr que ce ne sera pas fait... on peut pas faire grand chose de plus... et puis on va essayer d’en vendre un maximum en concert, c’est surtout là qu’on va en vendre de toute façon, ça va pas être distribué avec des grosses pubs partout et tout... le premier disque, on l’a vendu en concert et dans la rue à 1 500 exemplaires, un truc comme ça, donc voilà, on va faire pareil, à peu près... on verra...

Et puis on a aussi des morceaux à télécharger sur le site, tous les morceaux du disque six titres qu’on a enregistré pour l’instant, ils sont à télécharger. Le truc Internet, c’est excellent, que tout le monde puisse écouter, choper la zik, la faire écouter, on voit comment ça se passe sur Internet, l’info elle circule à fond et c’est excellent, du coup les gens ils téléchargent, ils font leur truc… mais c’est la qualité Internet, la qualité CD est meilleure, du coup après y a toujours des gens qui achèteront le CD, plus pour l’objet, pour le truc, voilà... Mais au début on avait que ça, Internet, pour se faire connaître, et ça a bien marché, on était sur le site du RéMI, le Réseau de musiciens indépendants, c’est vachement bien...

Et le collectif Tapage, c’est quoi ?

Retire tes doigts : Tapage, on a monté ça y a deux ans, je crois, avec Retire tes doigts et d’autres groupes : Yog Sottoth, les 4 fers en l’air, c’est un peu la même clique, plus des potes de Toulouse : Georgette Michaux, Juliette, tout ça… C’est une réunion de musiciens, théâtreux, techniciens, on a monté ce truc là, à Brest, en se disant « on va faire des trucs ensemble », on savait pas trop quoi, on avait des idées de tournées, de faire des plateaux avec tous les groupes, faire des soirées tous ensemble, et on s’était dit « on va faire une grosse fanfare, où on va tous jouer ensemble », voilà… c’était marrant, le premier truc de Tapage c’était à Cardiff au Pays de Galles, c’était vraiment le tout début, on avait répété deux fois, c’était le gros bordel, c’était n’importe quoi... c’était assez rigolo, et puis après on a bossé et finalement cette année Tapage ça a vachement tourné autour de la fanfare, parce que y avait une bonne dynamique, ça marchait bien, les gens ont bien aimé, on a joué à bloc, on a eu pas mal de dates, et puis voilà... c’est devenu un groupe à part entière... mais c’est toujours ouvert, ça tourne, les gens tournent, mais... voilà, après, cette année on a un peu fait que ça, donc du coup on va faire d’autres choses, monter d’autres spectacles, je sais pas, des trucs, on a des idées... y a le camion rock n’ roll, c’est un petit spectacle qu’on a monté dans un camion, on a un J5 et on le transforme, on vide tout, on vire tous les sièges, il est rehaussé, on met une scène, une sono, et on fait un concert de rock n’ roll dedans, avec guitare électrique, contrebasse, batterie, chant… on fait rentrer dix personnes et c’est le gros bordel ! et voilà...

Propos recueillis au Festival européen du film court de Brest par Aurélien (AL Brest)

  • www.rem-i.org, site autogéré de groupes indépendants et auto-produits, plein d’infos sur les droits d’auteur et contre la Sacem, sur la diffusion libre de mp3…
 
☰ Accès rapide
Retour en haut