Francfort : répression pour les anti-austérité

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Du 17 au 19 mai, à Francfort en Allemagne, ont eu lieu trois jours de mobilisation contre l’austérité en Europe. Bilan par un camarade d’Alternative libertaire s’étant rendu sur place.

Un large panel d’organisations allemandes (notamment Attac au premier plan) avait appelé à trois jours d’actions et de manifestations contre l’austérité du 17 au 19 mai à Francfort. Ces actions qui ciblaient notamment la Banque centrale européenne (BCE) devaient être ponctuées par une grande manifestation le samedi.

[*Arrestations de masse*]

Mais les autorités allemandes ne l’entendaient pas de cette oreille : devant l’ampleur de la mobilisation attendue, elles ont décidé d’interdire tout rassemblement ou manifestation pendant les trois jours qui étaient prévus initialement. Un recours d’Attac devant les tribunaux permit finalement à la manifestation du samedi d’être autorisée alors que toutes les actions prévues le jeudi et le vendredi restaient interdites. De nombreux militants et militantes décidèrent toutefois de se regrouper comme prévu initialement : les forces répressives rentrèrent alors immédiatement en action, 150 militantes et militants furent interpellés le jeudi et plus de 400 le vendredi ! Du reste, toute la ville a été bouclée pendant trois jours par plus de 5 000 policiers. Ce dispositif hallucinant était proche de celui habituellement mis en place pour les contre-sommets : des parties de la ville étaient ainsi inaccessibles pendant que les milliers de policiers appuyés par un hélicoptère patrouillaient à chaque coin de rue.

Samedi midi, nouveau coup de théâtre : les forces de police refusent de laisser partir la manifestation, jugeant celle-ci trop dangereuse. Au bout d’une heure de palabres dans la joie et la bonne humeur, la manifestation a enfin pu s’élancer pour emprunter... un parcours différent du parcours prévu afin d’empêcher les manifestants de défiler devant la BCE.

[*Des cortèges séparés*]

La manifestation en elle-même était coupée en deux : les organisations et syndicats plus modérés ouvraient la marche (très grosse présence de Die Linke et d’Attac), suivis beaucoup plus loin par une multitude de cortèges plus radicaux. On notera notamment la présence de plusieurs centaines d’Italiens qui ne cessèrent de hurler leur colère tout au long de la manifestation. Des militants et militantes venus d’Autriche, de Belgique, d’Espagne ou de France étaient également présents. Solidaires, la CGT ou le NPA étaient ainsi présents en plus d’Alternative libertaire.

Au total, 30 000 manifestants et manifestantes défilèrent malgré la présence oppressante de la police. Ce chiffre, certes inférieur aux 40 000 personnes attendues, constitue néanmoins un vrai succès mis en rapport avec la véritable campagne de peur mise en place par les autorités pendant plus d’une semaine – la police avait par exemple annoncé dans la presse que plus de 2 000 « éléments violents » étaient attendus – visant à décourager toute mobilisation.

Au sein de la manifestation, les mots d’ordre étaient clairs : le refus de payer la dette et le refus des mesures d’austérité revenaient régulièrement dans les propos aux côtés des slogans anticapitalistes.

Ce genre d’initiative internationale est à renouveler : cela rappelle que, partout en Europe, les mesures d’austérité sont les mêmes. Quelle que soit notre nationalité, notre combat contre les capitalistes est identique. Ce n’est que tous ensemble que l’on arrivera à imposer un autre projet de société.

Steve (AL Paris Sud)

 
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