Antipatriarcat

Journal : Machos, gare aux coups de Casse-rôles

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Le trimestriel Casse-rôles vient de sortir son 10e numéro en novembre 2019. Le journal «  féministe et libertaire à prix libre  », rédigé uniquement par des bénévoles, défend un féminisme social, qui cherche à ne pas dissocier la lutte féministe de la lutte anticapitaliste.

En août 2017, c’est en constatant l’absence d’un journal de large diffusion et pour tout public sur les questions de genre et de domination sexiste, que l’équipe de neuf bénévoles, hommes et femmes, décide de fonder Casse-rôles. Affichant, une volonté d’ancrage dans les luttes sociales actuelles, et d’ouverture à toutes les luttes féministes, le journal alterne les formes  : entre analyses conceptuelles, témoignages historiques et actuels, rubriques littéraires, état des luttes internationales, pamphlets et actualité féministe. En voulant rendre ainsi visibles les luttes des femmes, notamment des plus vulnérables ou marginalisées, mais aussi celles que nous pourrions qualifier de «  remarquables  » par leurs actions visant à améliorer la situation des femmes et des hommes, Casse-rôles tente de combler un vide au sein de la presse féministe.

Dans les livres de lecture des enfants, les attributs du féminin et du masculin sont toujours les mêmes, aux femmes le tablier et la poussette, aux hommes l’attaché-case quand ils rentrent du travail, puis le fauteuil et les lunettes pour lire le journal… «  Papa lit et maman coud  ».

Les bénévoles du journal se sentait à l’étroit dans leurs habits sociaux, et voulait bousculer les idées reçues et casser les rôles, c’est ainsi que le trimestriel est né.

Un féminisme en mixité

L’équipe de rédaction a donc choisi pour mascotte ces héroïnes discrètes du quotidien que l’on a tendance à oublier, rangées sur leurs étagères  : les casseroles sans lesquelles nous serions tous et toutes au régime sec. Contraception, IVG, violence, viol, mutilations sexuelles, harcèlement, parité, inégalités salariales, travail domestique, etc.  : le journal propose de dresser un état des lieux, de recenser ce qui paraît sur ces questions et de donner la parole à des femmes et des hommes anonymes qui résistent aux stéréotypes sexistes.

L’équipe de Casse-rôles est mixte, et défend cette posture : «  le féminisme se doit d’interpeller particulièrement les hommes… pour en faire des adeptes du féminisme.  » Partant du principe que l’égalité ne sera atteinte que lorsque les hommes prendront conscience de leur domination (et donc de leur pouvoir sur les femmes), le journal aborde régulièrement des thématiques antipatriarcales qui concerne aussi les hommes. Ainsi dès le premier numéro, un article est consacré au collectif Zéromacho, collectif masculin engagé contre la prostitution et pour l’égalité qui réfléchit notamment sur la question du «  choix  » laissé aux personnes prostituées dans une société patriarcale. Le numéro de février-avril 2020 promet un imposant dossier sur la contraception masculine, mais aussi des articles sur les retraites, les féminicides, l’éducation sexuelle en Tunisie...

«  Casse-rôles a-t-il une " ligne " éditoriale ? " Féministe et libertaire ", c’est déjà beaucoup ! » . Si le journal n’a pas de ligne rigoureusement définie, il exprime à travers ses éditos une grande démocratie interne, publiant régulièrement les opinions divergentes au sein de ses rédacteurs et rédactrices. Casse-rôles a des moyens extrêmement limités et son avenir n’est pas assuré. À prix libre pour être accessible au plus grand nombre (en donnant la possibilité d’acquérir un même produit selon ses moyens et ses motivations), sans publicité pour assurer son indépendance, il dépend exclusivement de son lectorat (tant pour faire connaître le journal et le diffuser que pour son financement). Casse-rôles se trouve dans les librairies, tables de presse militantes et par abonnement.

Le collectif Casse-Rôles

 
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