Trélazé : On ne veut pas payer l’ardoise

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L’ardoise de Trélazé, c’est historique. Avec l’annonce de la fermeture des ardoisières et la mise à la porte de 153 ardoisiers   [2], un pan entier de l’histoire industrielle et sociale de la région qui est ébranlé. Mais loin de se résigner les ardoisiers sont bien décidés à mener le combat.

La multinationale Imerys a annoncé le lundi 25 novembre la fermeture des ardoisières de Trélazé, dernières mines d’ardoise en France. Les ardoisières feraient «  perdre  » 15 millions d’euros à l’entreprise depuis 10 ans. Ce qu’elle omet évidemment de dire c’est qu’elle a réalisé plus de 300 millions d’euros de bénéfices et reversé plus de 110 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires en 2012 ! Et si les ardoisières ne sont plus aujourd’hui si rentables, c’est aussi à cause des explorations entreprises, dès le départ vouées à l’échec, dans l’optique à peine voilée de mettre les ardoisières en déficit.

Argumentation fallacieuse

De l’ardoise, il y en a dans les sous-sols de Trélazé, les ardoisiers le savent et le répètent, contrairement à ce que voudrait nous faire croire Imerys ou certains pouvoirs publics. Seulement, poursuivre une activité industrielle à Trélazé ça demande du temps et de l’argent. C’est sans doute cela qui gêne le plus cette multinationale qui préfère investir dans des ressources à la rentabilité rapide (talc, gaz de schiste, etc.) mais aux dommages écologiques désastreux.

Ni tristesse, ni résignation

Lors des premières annonces, les pontes locaux de l’UMP du PS et de la préfecture n’ont cessé de se lamenter sur la tristesse de cette fermeture, sans jamais la remettre en question. De l’autre côté, les ardoisiers, et leur syndicat combatif CGT, n’ont de cesse de mettre en avant leur volonté de relancer l’extraction de l’ardoise à Trélazé. Mieux que quiconque les ardoisiers connaissent les mines et les carrières et ils ne veulent pas laisser leur sort entre les mains du patronat et des pouvoirs publics (municipalités, ministère du Redressement productif, etc.) qui défendent des intérêts communs.

Les ardoisiers comptent sur un soutien populaire important. Le 1er février plus d’un millier de personnes défilaient dans les rues de Trélazé pour les soutenir dans leur lutte.

Les ardoises et les ardoisiers de Trélazé font partie de l’histoire populaire de notre département. Les luttes qu’ils ont pu mener depuis la fin du XVIIIe siècle ont toujours eu une place à part dans mouvement social angevin   [1]. Le mouvement libertaire et syndicaliste révolutionnaire y a longtemps tenu le haut du pavé. C’est dans un sens pour renouer avec cette tradition que le collectif AL Angers s’est investi, dans la mesure de ses capacités, pour diffuser l’information, mobiliser et apporter son soutien aux ardoisiers et à leur lutte.

Loin du fatalisme ambiant, les ardoisiers de Trélazé sont décidés à mener la lutte  ! C’est à nous de la soutenir et de la populariser.

Jon et Laurent (AL Angers)


APPEL À SOLIDARITÉ

Le collectif AL Angers appelle l’ensemble des militantes et militants, syndicalistes, etc., à apporter leur soutien aux mineurs de Trélazé soit en les contactant directement soit en menant des actions contre le groupe Imerys ou ses filiales.

Pour s’informer sur la lutte des ardoisiers : rendez-vous sur la page « Ardoisières de Trélazé » sur Facebook.

[1Voir revolutionnairesangevins.wordpress.com, blog animé par des militants angevins qui retrace l’histoire du mouvement ouvrier dans notre département.

[2Cet article n’est volontairement pas féminisé, car les ardoisiers de Trélazé sont tous des hommes.

 
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