Bonnes feuilles : Liauzu, Manceron : « La Colonisation, la loi et l’histoire »

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Extrait des pages 23 et 24 de la première partie "Les origines et la genèse d’une loi scélérate".

Lire ici la critique du livre.


Pour éviter toute équivoque, précisons tout d’abord ce que nous entendons par “ lobby pied-noir ”. Il s’agit d’un groupe informel (tout au moins à ses débuts) d’associations de rapatriés d’Algérie qui agit comme un groupe de pression auprès notamment des responsables politiques afin d’obtenir des avantages en échange de leur soutien. Cette dénomination ne désigne pas l’ensemble des associations de rapatriés, mais des groupes assez réduits, souvent proches de la mouvance d’extrême droite, dont la force est de laisser croire qu’ils sont délégataires de toute une communauté prête à le suivre, idée largement surfaite. On remarquera aussi que la période où s’est constitué et s’est développé ce lobby coïncide avec celle de l’émergence et de la montée de l’extrême droite en France depuis la fin des années 1970.

Une place particulière dans ce “ lobby pied-noir ” revient à une association dont les membres ne sont pas tous rapatriés ou descendants de rapatriés d’Algérie. Il s’agit de l’Adimad (Association amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus politiques et exilés de l’Algérie française). L’Adimad a été créée avec l’assentiment du général Raoul Salan, et déclarée en novembre 1967. D’après ses statuts, l’association “ a pour but de défendre par tous les moyens légaux, la mémoire de tous les martyrs et de toutes les victimes des ennemis de l’Algérie française ”. […] C’est cette association qui se rattache à ce “ lobby pied-noir ” que nous retrouverons à l’initiative des demandes d’indemnisation des “ exilés politiques ” de l’OAS et des hommages aux fusillés de cette organisation. Son président, Jean-François Collin, après avoir participé comme sous lieutenant des commandos parachutistes au putsch d’Alger d’avril 1961, a été, d’après l’ouvrage de Georges Fleury OAS, l’instigateur de la tentative d’assassinat sur son lit d’hôpital à Paris, le 18 février 1962, du gaulliste Yves Le Tac, président du Mouvement pour la communauté, alors hospitalisé au Val-de-Grâce après avoir subi de la part de l’OAS à Alger trois tentatives d’assassinat les 3, 10 et 17 octobre 1961, dont il était sorti grièvement blessé par balles.

Outre l’Adimad, on peut considérer que les listes des associations membres du Comité de liaison des associations nationales de rapatriés (Clan-R), auxquelles il faut ajouter le Recours, donne une bonne idée des associations.

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