Lire : Lupano et Cauuet , « Les Vieux Fourneaux »

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Ils sont trois, comme les mousquetaires parce qu’en fait, il y a un quatrième larron ou plutôt, une larronne :

  • Antoine, le vieux syndicaliste qui a fait toute sa carrière dans les files de la CGT au sein d’une usine de fabrication de médicaments devenue multinationale ;
  • Mimile, un ex-aventurier, dragueur et tatoué, qui a fait fortune en vendant des grosses voitures dans une île paumée du Pacifique avant de tout perdre pour terminer tranquillement sa vie dans la résidence Meuricy (sic !) ;
  • Pierre, un vieil anar pas rangé des bagnoles du tout (même si la sienne est bien pourrie d’ailleurs) et bien décidé à faire chier le capitalisme jusqu’à sa mort, grâce à son groupe de semi non-voyants, baptisé Ni yeux ni maîtres, spécialisés dans le « terrorisme situationnel » (un hommage vibrant au sociologue Jean-Pierre Garnier ?).
  • Et puis il y a Sophie, petite-fille d’Antoine, tendance « altermondialiste » mais qui pourrait bien finir par passer à la franche action directe.

Bienvenus chez Les Vieux Fourneaux, mitonnés par Wilfrid Lupano et Paul Cauuet. Ou comment se réconcilier avec cette génération qui (dixit Sophie) est la pire « de l’histoire de l’humanité » car elle a laissé tout partir à vau-l’eau. Après moi le désastre disait ma grand-mère ! Elle n’avait pas tort : elle est morte et on est dans la merde... Mais, entre les vieux fourneaux et la nouvelle génération, il semblerait qu’une entente puisse se dessiner, notamment quand les vieilles teignes anarchistes se décident à attaquer le vieux monde en libérant des îlots parisiens de la domination capitaliste !

Parce qu’ils ont des ressources les vieux. Notamment un concept révolutionnaire : le viajeune. Autrement dit, l’accueil par des anciens plus fortunés de jeunes hackers, subversifs et subversives en tout genre histoire de les laisser tranquillement saper les fondements de notre système, à l’abri du besoin. Le viajeune, en voilà une bonne idée à appliquer !

Cela faisait longtemps que « se tordre de rire » devant une BD n’était pour moi qu’une simple expression... Et là, je dois dire que ma compagne, même avec les écouteurs sur les portugaises, entendait mon rire gras au fur et à mesure que je lisais les deux volumes parus de cette nouvelle série qui, malgré ses septuagénaires héros, démarre sur les chapeaux de roues...

Comme quoi, y a guère que l’Anarchie qui maintienne jeune et fringant ! Ni yeux ni maîtres !

Guillaume (AL 31)

  • Lupano et Cauuet , Les Vieux Fourneaux, Dargaud, 2 tomes, 56 pages, 12 euros.
 
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