Ecologie

Sites Seveso : Lubrizol et Natup, même risque majeur !

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Le projet de stockage d’un important tonnage de produits phytosanitaires par la coopérative Natup sur le plateau de Buchy soulève l’opposition. La lutte vient de connaître une première victoire importante, avec l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant son implantation.

Dans la région de Rouen, l’incendie de Lubrizol a éveillé les inquiétudes vis-à-vis d’autres potentielles bombes à retardement. L’Association de promotion et de défense de 5 Communes du plateau de Buchy, situé à 20km de Rouen, est actuellement en lutte contre Natup, une des plus grosses coopératives agricoles de France – une sorte de Monsanto à la française.

Cette dernière s’est rapidement affranchie du tonnage maximal pour lequel elle disposait d’une autorisation de stockage de pesticides, faisant augmenter chaque année les quantités retrouvées dans l’eau courante. Jean-Louis, son président, raconte : « Notre lutte a commencé quand nous avons découvert l’ouverture de l’enquête publique sur l’exploitation d’une plateforme de stockage gérant cet énorme tonnage de produits phytosanitaires. Le choix du site était insensé  : le terrain est parsemé de failles et de marnières, au sommet de trois versants où s’écoulent des nappes phréatiques qui alimentent le Grand Rouen en eau potable. Il est aussi voisin d’une gare largement bombardée en 1944 et dont 30 % des bombes n’ont pas explosé.

À quelques centaines de mètres une marnière s’est récemment effondrée sous l’autoroute formant un gouffre de la largeur d’une voie. Un camion rempli d’engrais s’est alors retourné sur le bas côté de l’autoroute s’enflammant et provoquant un important embouteillage au milieu de fumées noirâtres et nauséabondes. Les risques ne s’arrêtent pas au niveau des locaux, il y aussi tous ceux liés au transport de ces produits. »

Une première victoire administrative

L’étude de danger réalisée listait les formules de produits susceptibles d’être dispersés en cas d’incendie majeur. À la demande de l’association, un chimiste s’est penché sur ces formules  : certains de ces produits sous forme gazeuse pourraient être mortels en quelques minutes, il y a aussi des risques de malformations fœtales. Dans le cas d’un tel incendie, seule une équipe spécialisée des pompiers de Rouen peut intervenir sur les sites Seveso. Or il leur faut au moins trois quarts d’heure pour intervenir à Vieux-Manoir…

Le collectif vient toutefois de remporter une grande victoire. Le tribunal administratif vient de leur donner raison  : le 30 octobre dernier il a an­nulé l’arrêté pris par la préfète fin 2016, qui impliquait le classement du site en Seveso seuil haut, comme Lubrizol. Le tribunal estime « qu’un risque d’accident lié à l’activité du site serait susceptible de causer des dommages graves ou irréparables aux personnes et aux biens ». Jean-Louis explique : « Notre combat rejoint celui du collectif unitaire Lubrizol  : plus jamais ça. Nous devons maintenant passer à un stade supérieur en créant une organisation structurée des riverains de tous les sites Seveso normands et, à terme, rejoindre la coordination nationale. »

Yvon (UCL Rouen)

 
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