Écologie

Surconsommation : Hérault, Décathlon à fond le béton !

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Au nord de Montpellier, une partie de bras de fer se déroule entre les promoteurs du projet Oxylane et ses opposants du collectif Oxygène. La mise ? Environ 24 hectares de terre, dont 20 sont cultivés et 4 constituent un espace boisé classé.

À l’entrée de la commune de Saint-Clément-de-Rivière, une zone est convoitée depuis une dizaine d’années par le groupe Décathlon. Créé en 1976, le numéro un du secteur en France a tout pour plaire : entreprise préférée des français – selon un sondage Ifop réalisé en 2019 –, implantation dans 58 pays, chiffre d’affaire en hausse de 5% au niveau international… Pour autant, à Saint-Clément-de-Rivière, si la mairie et la communauté de communes approuvent le projet porté par la multinationale, il a aussi fait naître une lutte citoyenne locale, officialisée dans les tribunaux depuis 2014.

Un méga complexe délirant

Un « village » regroupant infrastructures sportives et grandes surfaces spécialisées. Voici la définition du projet présentée par Décathlon – propos rapportés par le quotidien régional Midi Libre – : « il s’agit d’un complexe ludique et commercial, axé autour du loisir et du sport. […] où les enseignes du groupe sont représentées dans la partie urbanisée du village, pour la vente de leurs produits – Décathlon au premier chef –, aux côtés de partenaires que sont des structures de football en salle, de fitness, practice de golf indoor, parcours aventure, etc. ».

Le premier « Décathlon Village » a vu le jour il y a maintenant quinze ans à Bouc-Bel-Air, près de Marseille, sur une surface de 35 hectares. Onze autres villes de France ont également accueilli ces complexes parmi lesquelles Lyon, Bordeaux, Angers, Caen ou encore Mulhouse. Les activités proposées varient d’un village à l’autre, mais, globalement, on y retrouve salles et aires de sports, avoisinant plusieurs hyper surfaces de vente. Le tout pour un coût économique de plusieurs millions d’euros et un coût environnemental de plusieurs dizaines d’hectares de terrain.

Bétonisation massive

D’après le collectif Oxygène, la mairie présenterait une version idyllique du Village Oxylane, annonçant que l’on pourra «  s’y promener librement et y pratiquer des activités de loisirs en famille et entre amis », en expliquant que « la partie construite et végétalisée représentera 12 % des 23,5 hectares environ ». Le collectif trouve des chiffres différents : en tout, l’artificialisation représenterait 17 ha sur les 24 réquisitionnés. Il n’en resterait donc que 7 pour les espaces dits « de loisirs ». La moitié étant allouée à des activités agricoles, il n’y aura donc aucun espace sportif de plein air, hormis le projet d’accrobranche situé sur l’espace boisé classé.

Il s’agira donc d’un énième centre commercial dans un territoire déjà suréquipé, risquant d’attirer jusqu’à 8500 véhicules par jour, d’augmenter les risques d’inondation, de menacer les nappes phréatiques, de perturber un écosystème abritant plusieurs espèces protégées, et de menacer l’existence de plusieurs commerces locaux. La dernière décision du Conseil d’État rendue en janvier 2020 valide pourtant le permis. Trois recours sont encore en suspens et l’association Non au béton appelle au boycott de Décathlon.

Léa Garson, militante écologiste

 
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