Violences : Wissam, mort sous les coups de la police

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Dans la nuit de la Saint-Sylvestre, Wissam El-Yamni, habitant de la Gauthière, quartier de Clermont-Ferrand, est interpellé pour jet de pierres sur véhicule de police. Mais Wissam n’est pas seulement arrêté, il est tabassé jusqu’à ce que mort s’en suive.

Wissam El-Yamni a été tabassé par les membres de la Bac. Après avoir été arrêté pour un jet de pierre sur un véhicule de la police, il est roué de coups de pieds au sol, frappé bien que menotté et emmené au commissariat central de Clermont-Ferrand dans la nuit du 31 décembre. Aucun procès verbal de notification de garde a vue n’est rédigé. Une fonctionnaire de police donnera l’alerte à 3h40. Wissam est alors inanimé, face contre terre, menotté dans le dos, dans le couloir. Le Samu le transporte à l’hôpital dans un état grave. Le rapport médical fait état de côtes cassées, le rocher orbital est brisé. Il apparaît aussi un hématome sur le cou, ainsi qu’une grande trace rouge. Il est tombé dans le coma après un arrêt cardiaque prolongé. Wissam décède neuf jours plus tard. Dès le lendemain de son arrestation l’émotion est grande dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand. À juste raison, la colère gronde.

Depuis l’arrestation de Wissam, les quartiers populaires de Clermont-Ferrand sont quadrillés par la police : plus de 400 CRS en faction, les hélicoptères tournent continuellement, 25 000 habitants en état de siège et les transports urbains sont annulés à certaines heures. Dispositif ahurissant pour une centaine de voitures brûlées, réaction disproportionnée et des plus discriminantes.

[*Les quartiers en état de siège*]

Depuis le début des heurts avec la police, certains jeunes ont déjà pris de la prison ferme. Les policiers incriminés, eux, sont en congé. Le sentiment d’injustice ne fait que se renforcer et un comité d’habitants s’est constitué pour demander justice et soutenir la famille de Wissam. L’auto-organisation prime clairement. Samedi 7 janvier, ce comité organisait une marche silencieuse où 700 personnes sont présentes. Une minute de silence devant le commissariat de Pélissier, les organisateurs parviennent à maintenir le calme. Malgré les appels à l’apaisement le quartier brûle encore cette nuit là.

Samedi 14 janvier, le collectif organise une manifestation pour la vérité et la justice où près de 4 000 personnes se rendent : la détermination ne faiblit pas. Le collectif marque un grand coup dans l’opinion en prouvant qu’il est capable de gérer des évènements aussi importants. La contre-manifestation d’extrême droite organisée par le Bloc identitaire pour défendre la police est interdite, apaisant quelque peu les tensions. Devant la préfecture, des membres de la famille de Wissam prennent la parole. Les participants sont remontés. Les slogans « Police : assassins » et « Pas de justice, pas de paix » sont scandés. Les habitants des quartiers sont décidés à se battre jusqu’à ce que justice soit faite. La colère est toujours présente, mais de plus en plus constructive. Le collectif est en contact avec d’autres collectifs pour la vérité et la justice comme ceux pour Akim Ajimi ou Ali Ziri. Une coordination nationale est évoquée. Un intense sentiment d’injustice se fait sentir. Cet événement tragique pourrait bien être un déclencheur pour engager la lutte contre les pratiques honteuses de la police dans les quartiers.

Lény (AL Clermont-Ferrand)

 
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