Réforme du lycée : ce n’est pas fini

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Darcos vient d’annoncer le « report » de la réforme du lycée, face au mouvement lycéen qui vient de démarrer. Il ne s’agit bien entendu que d’un recul tactique, visant à faire retomber la dynamique de la mobilisation naissante. C’est donc l’occasion d’enfoncer le clou, en continuant la lutte pour obtenir l’abandon définitif du projet comme de la suppression des 13500 postes à la rentrée prochaine !

Des dizaines de bahuts en grève, des manifs qui rassemblent rapidement plusieurs milliers de lycéennes et de lycéens dans de nombreuses villes : le mouvement a surpris par son ampleur et sa virulence. Et a effrayé le gouvernement. D’autant que d’autres mobilisations sont à l’ordre du jour : les IUT en lutte relance la contestation de la loi d’autonomie des Universités (LRU), tandis que de nombreux étudiants espèrent pouvoir construire un mouvement sur les facs après les examens ; les syndicats d’enseignants ont déposé cette semaine un préavis de grève pour soutenir le mouvement lycéen et vont poser une date de mobilisation pour janvier, de même une journée d’action interprofessionnelle sera probablement prévue au même moment. Dans ce contexte, un mouvement lycéen fort peut effectivement mettre le feu aux poudres.

Darcos essaye donc d’éviter que les mécontentements ne s’empilent les uns sur les autres pour déboucher sur une révolte généralisée. C’est là le seul sens de ce report, modifier un « timing » qui s’avère défavorable pour le gouvernement en faisant retomber la mobilisation lycéenne. Car on peut déjà prédire de quelle nature seront les « discussions » proposées par le ministre : déjà à la rentrée de septembre, Darcos avait réussi l’exploit de sortir sous les huées des délégués du très officiel Conseil National de la Vie Lycéenne (CNVL), tant le cadre de la discussion était verrouillé. Il ne faut pas davantage s’attendre à présent à la moindre possibilité de remise en question de la réforme sur le fond, étant donné que sa finalité principale est d’adapter les lycées aux réductions massives de poste, qui elles sont plus que jamais à l’ordre du jour.

Cette saignée dans les budgets et les emplois de l’Education Nationale qui continue est une raison plus que suffisante de continuer et d’amplifier le mouvement, qui seul peut garantir que cette réforme reportée ne resurgira pas à la première accalmie venue : ne nous laissons pas piéger !

 
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