Tenon : Soutien à Patrice Lardeux

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En 2010, pendant et après la bataille contre la « réforme » des retraites, la répression envers les militantes et militants n’a pas cessé. À l’hôpital Tenon, c’est un délégué CGT qui a été visé.

C’est bien parce qu’ils ont peur des mobilisations, que le gouvernement et les patrons développent une stratégie de répression afin de dissuader les nombreuses et nombreux salariés, chômeurs et chômeuses et retraité-e-s qui hésitent encore à s’engager dans l’action. C’est ainsi que les lycéens et lycéennes ont dû subir les provocations des forces de l’ordre, comme auparavant les étudiants sanctionnés par les tribunaux, que les salariés d’entreprises du privé se sont vu réquisitionnés, sous peine de licenciement, et que des manifestants se retrouvent en correctionnelle pour avoir voulu défendre leurs idées.

Les cheminots et cheminotes de Paris rive gauche se sont mobilisés pour obtenir la levée de 71 plaintes. Les salariés de France Télévision se sont mis en grève contre la menace de mise à pied, voire de licenciement envers le délégué CGT. Cinq infirmières sont poursuivies devant les tribunaux, dans le cadre de leurs luttes.

Au Monoprix de Saint Antoine, menaces physiques, procédures de licenciement sont le lot des délégués CGT. À la poste, le secrétaire Sud est sanctionné de 18 mois de mise à pied. Un délégué du XIe de la CGT Poste est aussi menacé. À Chambéry, cinq militants syndicaux (Sud et CGT) et un journaliste sont convoqués devant la justice pour entrave à la circulation. À Pau,des militants CGT sont attaqués ainsi qu’à Nantes des militants actifs de la CGT sont poursuivis, etc.

Répression anti-syndicale

La répression s’accroît et nécessite une solidarité unitaire active, à l’exemple de la solidarité militante du XXe. Tous et toutes ensemble, nous sommes infiniment plus fort dans les luttes, d’autant plus si elles ont un véritable ancrage local. L’existence du comité de soutien unitaire aux grèves des travailleurs sans-papiers sur le XXe arrondissement de Paris en est la preuve. Ce collectif unitaire suit les dossiers des sans-papiers, qu’ils soient affiliés à Solidaires ou à la CGT. On en retrouve les membres dans le soutien au centre IVG de Tenon, dans le comité local retraites et aujourd’hui en soutien à Patrice Lardeux, délégué CGT à l’hôpital Tenon.

En effet, à l’hôpital Tenon, la répression s’abat sur le secrétaire du syndicat CGT et élu départemental qui anime une lutte contre la casse de son lieu de travail, les salaires, l’emploi, les retraites et les services publics. La direction lui reproche d’avoir bousculé le responsable des agents de sécurité de l’hosto. Il a été convoqué le 10 janvier au commissariat. Un rassemblement de 300 personnes s’est tenu à 9h30 devant l’hôpital. À 11h, 200 personnes se sont présentées au commissariat pour la confrontation. Le chef des agents de sécurité n’était pas là. La direction confirme en engageant des mesures disciplinaires qu’elle est en difficulté sur son projet de réorganisation des hôpitaux. Elle tente de détourner le mouvement engagé depuis des mois contre le délestage des urgences sur l’hôpital Saint-Antoine. Le manque de personnel a conduit les infirmières des urgences à se mettre en droit de retrait le 5 novembre. Alors que le CHSCT (Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail) se réunit le 8 novembre, pour expliquer les difficultés et le manque de personnel conduisant à l’épuisement, la direction convoque le 17 novembre les cinq infirmières pour s’expliquer sur leur comportement. Une manif a eu lieu, la direction a reculé, tout idée de sanction est abandonnée.

Une mobilisation inouïe

Les membres du comité de soutien unitaire aux sans papiers (CSU), les camarades de Solidaires, et les habitants se mobilisent contre la répression qui a pour objectif la mise en place de la RGPP, des agences régionales de la santé et des regroupements. Toutes ces décisions tournent le dos à la réponse des besoins des populations et des salarié-e-s.

L’annonce de la réouverture du Centre IVG de cet hôpital est déjà une première avancée. Et comme diront les flics du commissariat : « 200 personnes pour une convocation, c’est du jamais vu ».

Noël (AL BNO)

 
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