Dossier CPE : Qui a peur de l’auto-organisation lycéenne ?

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La Coordination lycéenne, héritée du mouvement du printemps 2005 contre Fillon, a été réactivée. Mais cette année elle a particulièrement traîné les apprentis politiciens comme des boulets.

Contrairement à la lame de fond qu’avait constitué le mouvement du printemps 2005 contre la loi Fillon, le mouvement lycéen anti-CPE a peiné à se doter d’une organisation autonome par rapport au mouvement étudiant. La lutte de l’an dernier avait laissé un arrière goût de demi-résultat. Les lycéen(ne)s prêt(e)s à en découdre voulaient être sûr(e)s d’être suivi(e)s... et finalement se sont retrouvé(e)s à suivre.

Une coordination nationale lycéenne, outil hérité du mouvement contre Fillon de l’an dernier, a néanmoins été assez rapidement réactivée, et s’est tenue en parallèle de chaque coordination étudiante : à Rennes dès les 18-19 février, puis à Toulouse, Paris-Jussieu, Poitiers, Aix-en-Provence, Lyon et Nancy. Auto-organisée, elle a tenu un rôle majeur dans le mouvement en étant un lieu de débat, mais aussi un lieu d’information d’envergure nationale. Cependant, dès la Coordination nationale lycéenne tenue à Jussieu les 4-5 mars, elle s’est heurtée à des difficultés. La présence de militant(e)s politiques y a été importante, ce qui n’a rien d’anormal. Mais certaines organisations étaient clairement venues avec des objectifs d’instrumentalisation, qui ne pouvaient que nuire à la dynamique nationale. Manipulations honteuses lorsqu’un militant de Lutte ouvrière (même pas lycéen) s’invite à la tribune pour y parler 20-25 minutes et se lancer dans une explication sur ce qu’est LO (!!!). Magouilles également des étudiant(e)s JCR, tellement grossières que deux lycéen(ne)s JCR écœuré(e)s ont rendu leur carte. Mais c’était sans compter sur la présence dans la salle des militant(e)s communistes libertaires, ou des Orléanai(se)s de SUD-Lycées, qui se sont opposé(e)s à ces manœuvres. En dépit de ces pratiques envahissantes, c’étaient les mêmes qui voulaient rejeter des réunions tous les observateurs (étudiant(e)s, précaires...) alors que nous souhaitions élargir la lutte contre la précarité, en étant conscient(e)s que pour cela, il fallait englober le plus de personnes possible.

Autre problème, celui de la visibilité de la Coordination lycéenne : les médias n’ont tourné leurs caméras que vers les représentants des pseudo-syndicats lycéens tel que l’UNL ou la FIDL qui s’attribuaient sans scrupule les décisions prises par la Coordination nationale. Pour conclure, et malgré ces obstacles, les lycéen(ne)s ont pu tenir leur place dans le mouvement, et faire entendre leurs revendications.

Mais une fois le CPE abrogé, comment continuer la lutte ? Même si dans beaucoup d’endroits la mobilisation va être difficile, dans les lycées très mobilisés, il est probable que des sabotages d’épreuves du bac auront lieu. Après le mouvement contre Fillon l’an dernier, cette lutte fera date.

Thomas (AL Agen)


Une réponse à cet article a été publiée dans Alternative libertaire de juillet-août 2006.

 
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