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Pendant la pandémie : construire le pouvoir populaire

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Au cœur du capitalisme mondial, la catastrophe sanitaire entraîne un chômage de masse dévastateur, les hôpitaux manquent de moyens et la priorité de Trump est de relancer l’économie pour préserver les profits.

Les États-Unis sont désormais le nouvel épicentre de la pandémie de Covid-19. À l’heure où nous bouclons ce numéro, c’est surtout dans l’État de New York que se concentrent les cas les plus sévères, mettant le système de santé de cette ville majeure de la première puissance mondiale à rude épreuve. Comme en France, les soignantes et les soignants sont contraints de faire des choix indécents et mettent en cause le manque de moyens. Comme ici, ils et surtout elles mettent leur vie en danger pour continuer à soigner la population, quand bien même viennent à manquer masques, blouses et ventilateurs.

Et c’est à ce moment précis que Trump relance sa contre-attaque politique en annonçant, en plein milieu de la plus grave crise sanitaire mondiale, qu’il coupait le financement étatsunien de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’année à venir. Enfin, alors que les morts se comptent par dizaines de milliers, il apporte son soutien et encourage les manifestants d’extrême-droite et conspirationnistes qui s’opposent aux mesures de confinement dans plusieurs Etats dirigés par les démocrates. Il cherche ainsi à détourner l’attention des décisions plus que tardives de son administration.

En effet, le gouvernement fédéral a apporté très peu de réponses à la crise et a laissé l’initiative aux États et aux villes. Ainsi, seuls six comtés étaient en confinement le 16 mars, le chiffre progressant jusqu’à 96 % de la population un mois plus tard. Des célébrations religieuses ont été maintenus jusqu’à Pâques par endroits. La priorité de Trump est avant tout de faire repartir au plus vite la machine économique, pour protéger les profits du patronat. Des centaines de milliers de personnes pointent désormais au chômage du jour au lendemain et rencontrent les plus grandes difficultés à subvenir à leurs besoins. Aux États-Unis, qui dit chômage dit absence de couverture sociale et donc autant de gens qui sont dans l’incapacité d’aller se faire soigner dans les hôpitaux sans se cribler de dettes colossales.

Aux États-Unis, qui dit chômage, dit absence de couverture sociale Face à cela, les camarades de la Fédération anarchiste Black Rose / Rosa Negra sont en première ligne des combats sociaux  : pour l’accès gratuit à la santé pour toutes et tous, la libération des prisonnieres et prisonniers, contre les violences conjugales et pour des conditions de travail dignes et sûres, avec notamment des grèves chez Amazon, UPS [1] et surtout dans les hôpitaux, avec en point d’orgue une journée d’action nationale le 15 avril.

Mais c’est surtout par la grève des loyers que se manifeste la colère. Entre manger et payer son loyer, le choix est simple. Et le chèque de 1 200 dollars envoyé à près de 70 millions d’américains n’y change rien : un tiers des locataires n’aurait pas payé son loyer en avril. Les syndicats autonomes de locataires connaissent une croissance exponentielle, allant jusqu’à quadrupler leur nombre d’adhérents comme le TANC à San Francisco. Gageons que ce mouvement gagnera encore de l’ampleur au mois de mai. Black Rose et ses alliés dans les luttes y travaillent pied à pied et construisent, malgré la période difficile, les indispensables fondations du pouvoir populaire qui devra, à terme, mettre un coup d’arrêt à ce système capitaliste mortifère.

Gio (UCL Le Mans)

[1Lire « Covid-19 : grèves en série des travailleurs américains » sur le site rapportsdeforce.fr.

 
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