Antipatriarcat

Retraites : Massifier la mobilisation des femmes

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Dans le système de retraites actuel, les femmes touchent en moyenne une pension de 40 % inférieure à celle des hommes. Le projet de contre-réforme risque d’aggraver dramatiquement ces inégalités. Mais partout, des femmes prennent part aux mobilisations pour refuser ce système encore plus injuste.

C’est désormais un fait bien connu  : les inégalités économiques au sein du couple sont le lit des violences conjugales. En effet, la dépendance financière vis-à-vis de son conjoint empêche bien souvent les femmes de fuir des situations violentes et les maintiennent sous emprise. Plus encore, la précarité est, de manière générale, un facteur aggravant des violences faites aux femmes. C’est pourquoi toute mesure qui aggrave les inégalités de revenus entre les hommes et les femmes sont des mesures profondément patriarcales.

Or le projet de contre-réforme des retraites du gouvernement va justement avoir pour ces effets. En baissant les pensions de réversion, en prenant en compte toute la carrière et pas seulement les 25 meilleures années, en prenant moins en compte les grossesses et les accouchements, c’est une attaque frontale contre les pensions des femmes.

Des résistances féministes

C’est pourquoi de nombreuses femmes se battent contre ce projet. Sur leurs lieux de travail, dans leurs assemblées générales de grévistes, bien sûr. Mais une mobilisation féministe spécifique est également née pour mettre en avant ces sujets.

Dans de nombreuses AG de grévistes, des femmes ont pris la parole pour dénoncer ces inégalités et appeler à rejoindre la lutte. Elles ont pu être aidées en cela par un travail de fond réalisé par les organisations syndicales dès le mois de novembre, en particulier la CGT et Solidaires. Ces organisations syndicales ont fourni un argumentaire carré et inattaquable qui a donnée les armes intellectuelles pour abattre cette idée gouvernementale que les femmes seraient «  les grandes gagnantes  » de la contre-réforme.

Mais des échanges spécifiques entre femmes sont encore à construire, même si des tentatives ont eu lieu dans plusieurs villes, comme à Lyon ou à Paris. Car il ne suffit pas d’avoir les arguments, le courant féministe a besoin d’une stratégie, qui lui permette de passer des arguments à l’action. Qui lui permette, surtout, de se massifier de plus en plus, pour pouvoir accueillir toutes les travailleuses, les précaires, les privées d’emploi. Ceci permettrait d’organiser les revendications féministes, d’élargir la base et de porter haut ces thématiques. Et pour cela, les syndicats sont un outil précieux. Ce sont les structures qui organisent le plus de femmes. Et ils sont loin de ne parler que des inégalités au travail  ! L’idée d’un continuum des violences sociales et sexistes est admise à Solidaires comme à la CGT.

Les féministes libertaires auront à cœur de construire un féminisme de classe large et émancipateur, en prenant part à toutes les mobilisations sociales.

Adèle (UCL Pantin)

 
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