Syndicalisme

Métallurgie : FDB, c’est plus écolo de ne pas la fermer !

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Renault et l’État veulent fermer la Fonderie de ­Bretagne (FDB) près de Lorient… Les métallos ont entamé un bras de fer. Leur but  : la pérennité du site et de ses emplois, en suivant un raisonnement écologiste.

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les 350 salarié·es de la Fonderie de Bretagne (FDB), appartenant à Renault, qui vivent depuis mai 2020 dans l’incertitude. Au terme d’une année où les syndicats et la direction devaient passer en revue toutes les options stratégiques, la direction a sorti, en mars, un rapport qualifiant le site de déficitaire. De son côté, une expertise du cabinet Sécafi, mandaté par la CGT-Renault, aboutissait à la conclusion inverse : cherchez l’erreur !

La direction de Renault a fait traîner les choses tout en poursuivant l’externalisation des volumes produits vers des usines à l’étranger. Et pour enfoncer le clou, elle a annoncé la recherche d’un repreneur d’ici le mois d’août. Pourtant, le 27 avril, le gouvernement annonçait la mise en place d’un fond d’accompagnement à la reconversion des salarié·es licencié·es de 50 millions d’euros. C’est donc bien la fermeture de l’usine qui a été décidée, traduisant la volonté de Renault de poursuivre son désengagement industriel en France, avec l’aval de l’État.

L’hypocrisie écologique d’une direction qui délocalise

La CGT-Renault s’appuie pourtant sur des propositions fortes concernant la viabilité du site, son développement et ce dans une logique sociale et écologique. Comme quoi, industrie et écologie peuvent aller de pair [1].

En réalité, l’avenir du site pose la question du devenir de la filière automobile dans son ensemble en France. Les fondeurs rappellent à juste titre que seulement 10 % des voitures Renault vendues en France sont produites dans le pays ! Que leur usine produit des pièces pour les moteurs hybrides et électriques depuis cinq ans maintenant. Enfin, que le tournant écologique de Renault est un mensonge puisque ce sont les SUV électriques dont le bilan carbone est mauvais qui sont à l’honneur de la production en France. Dans le même temps, des dizaines de milliers de Dacia produites en Roumanie parcourent des milliers de kilomètres sur des camions vers le marché français.

La fonderie est forte d’une longue histoire de luttes, notamment en 2009 quand l’usine, nommée SBFM à l’époque, réintégra le groupe Renault et devint la FDB en évitant un plan de licenciements, grâce à la mobilisation des grévistes, populaire et bien ancrée localement [2].

Face à une direction qui refuse de revenir à la discussion sans reprise préalable du travail, les ouvriers et ouvrières de la FDB ont donc remis le couvert. À la grève s’ajoutent une multitude d’actions. Occupation de l’usine, opérations escargots, blocage de voie ferrée, immobilisation des joueurs du FC Metz...

Malgré la répression policière, les fondeurs ne se laissent pas faire ! La lutte continue et pour gagner elle aura besoin d’une mobilisation de toutes et tous les travailleurs du pays de Lorient comme au-delà [3].

Rémi (UCL Région Ouest)

[1« Le point sur la fonderie de Bretagne avec Maël Le Goff », YouTube, 18 mai 2021.

[2« SBFM Caudan (Morbihan) : les leçons d’une victoire ouvrière », Alternative libertaire, septembre 2009.

[3Voir la cagnotte Leetchi « Soutien aux salariés de la FDB ».

 
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