Théâtre : Ödön von Horvath, « Allers-Retours »

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Un petit-bourgeois, tout ce qu’il y a de plus aseptisé, se retrouve brusquement expulsé du pays dans lequel il a vécu, pour cause de « faillite subite ». Mais pas question pour lui de retourner dans son pays natal qui l’a depuis dénaturalisé pour un certain nombre de raisons administrativo-économico-militaro-judiciaires. Notre petit-bourgeois se retrouve donc bloqué sur un pont et refoulé de part et d’autre par des douaniers motivés tant par leur respect de la loi que par leur haine de la classe des apatrides.

Chez Horvath, rien n’est jamais simple, car on ne sait trop qui défendre ou combattre, du misérable chien de garde de la bourgeoisie ou de la bourgeoisie elle-même. Chez Horvath, les frontières ne sont jamais des lignes, mais des espaces tout entiers, des nulle part, où l’absurde ridicule de la réalité se mêle aux rêves consuméristes, matrimoniaux et aux cauchemars macabres de personnages étranges, entre produits artificiels de l’idéologie et vies humaines indéterminés et indéterminables. Chez Horvath, tous les petits problèmes quotidiens, d’argent, de cœur ou d’administration peuvent se résoudre dans la joie et la bonne humeur pour peu qu’on fascise les paramètres du conte.

La compagnie Teatro Armado soulève cette année la question de ces rêves de bonheur et de liberté, d’amour et de paix qui parfois tiennent plus de la fumée d’opium soporifique dégagée par l’idéologie dominante que de l’excitant. Et lorsqu’on interroge le rêve, revient en miroir cette réalité qu’il nous permet de fuir, toujours plus absurde, complexe, stupide et délirante.

Naïma (AL Saint-Denis)

  • Compagnie Teatro Armado, Aller-Retour, d’Ödön von Horvath, les 17, 18, 20, 23, 24, 25, 26 juin 2009 à 20 h 30 et le 21 juin à 16 heures. Entrée libre. À la Sall’amandre, 6 rue Gilbert-Rousset, Asnières (92). Métro Les Agnettes. www.teatro-armado.fr
 
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