Antifascisme

Élections Municipales : Premier tour, le RN s’enracine

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Dans un contexte de pandémie mondiale, le gouvernement a tout de même maintenu le premier tour. Ces élections, le Rassemblement national (RN) voulait s’en servir de premier tremplin pour la présidentielle de 2022. Il perd globalement son pari, mais consolide ses positions locales.

Alors que les médias annonçaient une centaine de mairies pouvant potentiellement basculer à l’extrême-droite, celui-ci enregistre des résultats bien en deçà de ses espérance. Tout d’abord, le RN n’a réussi à déposer que 430 listes, contre 600 en 2014, ce qui témoigne de sa difficulté à maintenir des équipes militantes dans la durée.

On peut penser que le vote RN reste principalement un « vote de rejet », avec une adhésion épisodique, et que les déboires continuels du parti (affaires, trahisons, détournement de fond, …) ont sapé la « dédiabolisation » entamée il y a dix ans. Le nombre d’adhérents officiel est ainsi redescendu à 20 000, contre 50 000 revendiqués en 2017. Ainsi, dans de nombreuses régions (notamment l’Île-de-France), la présence du RN était minime, voir nulle.

Conscient de sa faiblesse, le RN a priorisé les régions Nord et Sud-Est, espérant l’emporter dans 50 villes, contre 11 en 2014. Cette stratégie n’a pas payé : seules quelques villes du bassin minier, de l’Hérault, du Gard et de la région Paca ont une liste RN qui peut se maintenir au second tour, et très peu sont en position favorable. Cette contre-performance soulage certes, mais il ne faut pas s’en réjouir outre mesure…

Un revers pour les antifascistes

En effet, ces résultats sont déformés par l’abstention record qui, accentuée par l’épidémie, a atteint 54,5 %.

Ensuite, même en tenant compte de cette donnée, les maires RN déjà installés, ont réalisé d’excellents scores : six d’entre eux ont été réélus dès le premier tour : David Rachline à Fréjus (50,6%), Steeve Briois à Hénin-Beaumont (74,21%), Joris Hébrard au Pontet (57,2%), Julien Sanchez à Beaucaire (59,5%), Franck Briffaut à Villers-Cotterêts (53,46%) et Philippe de Beauregard à Camaret-sur-Aigues (70,22%). Seule Mantes-la-Ville (78), où le RN a fait 30 % au premier tour, pourrait être perdue.

En dépit du travail de résistance fourni par les syndicats locaux, force est de constater la banalisation de la gestion RN dans le paysage local, aussi bien dans l’électorat que parmi les partis concurrents.

Enfin, si la fameuse vague bleu marine n’a pas déferlé, l’extrême-droite continue à gagner du terrain. Perpignan pourrait être la première ville de plus de 100 000 habitants à passer sous gestion RN : Louis Aliot y est en tête avec 35,65% des voix. Même avec un score moins bon que prévu, Stéphane Ravier, dans le 7e secteur de Marseille, fait près de 20%.

Dans la région d’Orange, comme dans l’ancien bassin minier autour de Lens et d’Hénin-Beaumont, une continuité territoriale RN, et plus largement d’extrême-droite, se dessine, même si aujourd’hui encore, beaucoup de candidats « apolitiques » rechignent à arborer l’étiquette. En bien des endroits, notamment dans le Sud-Est, les partis de droite ont renoncé à toute idée de « digue » républicaine.

Face à cela, nous manquons cruellement d’un antifascisme populaire et large pour combattre les idées nationalistes et leurs représentants. Le risque nationaliste est là. Prenons-en la mesure et organisons nous en conséquence.

La commission antifasciste

 
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