Lire : 300 000 ans pour en arriver là

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Enfin un bouquin (un beau roman graphique) qui vulgarise bien sur le sujet de l’« effondrement ». Les auteurs Grégory Jarry et Otto T. ne sont pas des inconnus du genre de la vulgarisation, ils ont notamment publié la série assez connue Petite Histoire des colonies françaises.

Dans une écriture à plusieurs niveaux, on voit se répondre différentes mises en situation, d’un rite de passage à l’âge adulte il y a 10 000 ans jusqu’à des écolos qui assiègent le dernier bastion des capitalistes qui ont détruit tous les écosystèmes. Des différentes COP avec capitalistes qui se marrent du bon fonctionnement de leur stratégie où la mainmise d’une vision économique comme religion, vraiment beaucoup de thèmes sont abordés.

Le style narratif qui a fait le succès des deux auteurs est de nouveau utilisé dans ce volume avec une narration efficace accompagnées de petits strips rigolos et pertinents pour compléter le propos. Cette création graphique se décline donc ici sous plusieurs formes en fonction des protagonistes sans perdre le lecteur.

S’il n’y avait que le constat des causes de l’effondrement, ce livre ne serait somme toute pas si original. Mais les auteurs ont aussi mis en avant une critique du pacifisme et des raisons de se révolter. Quelques petites phrases à la « aimons-nous les uns les autres » sont copieusement critiquées, la mainmise des élites sur le pouvoir, ou la soumission des masses, la répression contre toute idée déviante comme l’anarchisme…

On pourra toujours dire que ce roman va un peu vite et est réducteur sur un sujet qui traite de 10 000 ans de domination et des origines de la destruction, mais son rôle n’est pas de tout expliquer. Au contraire, cette écriture, toujours rafraîchissante, vise plutôt à mener à l’action, et dans le contexte actuel où les écolos se demandent quels moyens utiliser pour faire changer les choses, le bouquin donne une réponse claire (p. 88) : « le message pacifiste a été tellement intégré […] qu’il protège le système au lieu de le défoncer » alors « on les bute ? Je me sens chaud, là ».

Reinette noyée (UCL Aveyron)

 
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