Culture

Lire : une BD pour un petit éloge de la sodomie

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Dans une Renaissance imaginaire, une jeune fille s’interroge sur la nécessité d’épouser celui que ses parents ont choisi pour elle. Dans Peau d’homme, tout ne commence donc pas tellement comme un conte...

Tellement pas que la jeune fille se montre en quête d’émancipation et forte en gueule, que les métamorphoses ne se font pas en crapaud mais... en peau d’homme  ! Idée originale s’il en est et qui devient l’adjuvant des aventures de notre héroïne. Affublée ainsi de sa peau, méconnaissable, Bianca découvre le monde des hommes... et de son homme à elle, qui lui préfère son double masculin  ! Troublantes scènes où son mari déclare sa flamme à sa femme qu’il n’aime pas, mais sous les traits d’un jeune homme qu’il aime mais qu’elle n’est pas.

Autre ressort du récit  : le fanatisme rampant de fous de dieu (ressemblant fort au dieu des catholiques) qui s’en prennent d’abord aux femmes et aux homosexuels. Il s’agit bien ici d’un extrémisme d’État, qui n’est pas sans rappeler l’hypocrisie de notre société qui s’en prend toujours aux corps des femmes tout en laissant les hommes libres de tout (sauf de s’aimer entre eux). Encore une fois, l’héroïne saura débusquer les désirs contrariés et les frustrations d’un monde qui se drape dans une morale puritaine afin de faire voler en éclat le nouvel ordre intégriste.

Elle saura aussi remettre son époux à sa place, lui qui conserve de sa masculinité des réflexes méchamment dominateurs envers son épouse. Et abandonnant sa peau d’homme, elle fera découvrir les recoins les plus transgressifs des choses de l’amour à celui qu’elle aime. Zanzim utilise une palette dominée par les bleus et les violets, pour illustrer cette société souvent arpentée de nuit.

On se réjouit de cette bande-dessinée qui débusque les hommes dans leur volonté de contrôle des femmes et qui fait des femmes les libératrices sexuelles de leurs amants.

Doriane (UCL Var)

  • Hubert etZanzim, Peau d’homme, éditions Glénat, 2020, 160 pages, 27 euros.
 
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