Communiqué UCL

IEP Grenoble : droite et extrême droite ensemble contre les libertés académiques

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Lundi 20 décembre, Laurent Wauquiez (président de la région Auvergne-Rhône-Alpes) a annoncé la suppression des subventions régionales à Sciences Po Grenoble. En cause, une prétendue « dérive idéologique et communautariste » qui renvoie à un an de polémique réactionnaire locale sur fond d’accusations « d’islamogauchisme » et de « wokisme ».

En mars dernier, Klaus Kinzler, professeur à l’IEP qui avait harcelé une collègue en sciences sociales suite à l’intitulé d’une table ronde sur le racisme, voit ses propos islamophobes dénoncés par des syndicalistes étudiant·es. S’en suivra une opération de victimisation de sa part et une polémique réactionnaire nationale menée conjointement par la droite et l’extrême-droite. L’extrême-droite locale en fera aussi son cheval de bataille, le « syndicat » étudiant UNI allant même jusqu’à réclamer la dissolution de l’UNEF Grenoble. Malgré ses nombreux passages dans les médias où il se prétendra victime de la « cancel culture » et des « wokes », Kinzler est suspendu par la direction de l’IEP ce lundi 20 décembre pour avoir failli à son obligation de réserve. Notons la frilosité de la direction de Sciences Po Grenoble dans cette affaire, qui ne le suspend pas pour ses propos racistes pourtant dénoncés depuis longtemps par les étudiant·es de l’IEP.

C’est cette suspension qui motivera la décision de Wauquiez de mettre un terme aux subventions régionales à l’IEP. Celle-ci sera immédiatement applaudie par Marine Le Pen, Eric Zemmour mais aussi Jean-Michel Blanquer. Le ministre n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il s’était déjà illustré aux côtés de la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal dans sa chasse à « l’islamogauchisme qui gangrène l’université ».

Nous observons que cette mesure et cette polémique s’ancrent dans l’ADN de l’extrême-droite, alliant mépris des libertés académiques, anti-syndicalisme et relents anti-sociaux. En effet, les subventions régionales servaient principalement aux bourses et à des actions sociales. Leur suppression ne fera que renforcer la précarité étudiante.

Nous analysons également qu’une extrême-droite groupusculaire et bruyante dicte la marche à suivre à la droite institutionnelle. Ce sont bien les mots d’ordre de l’UNI et des soutiens de Zemmour qui sont repris par des ministres et appliqués par un président de région.

L’extrême-droite est et restera toujours l’ennemie du milieu académique. Ce n’est qu’en s’organisant collectivement et syndicalement que les étudiant·es, lycéen·nes, et travailleur·euses de l’enseignement et de la recherche pourront riposter face à ces attaques réactionnaires.

Extrême-droite : hors de nos vies, hors de nos facs !

L’Union communiste libertaire, le 27 décembre 2021.

 
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