Communiqué UCL

Non au pass sanitaire, pour une vaccination large et accessible

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Le gouvernement dégaine une nouvelle mesure répressive avec le pass sanitaire. Incapable d’organiser une vaccination réellement ouverte à toutes et tous, il poursuit sa logique autoritaire visant les plus précaires. Si nous sommes opposé·es à ces mesures violentes et liberticides, nous ne pouvons que dénoncer les porosités du mouvement contre le pass sanitaire avec l’extrême droite et le complotisme. Pour endiguer la pandémie, exigeons la levée des brevets et socialisons les moyens de productions des vaccins.

Le pass sanitaire, une mesure répressive et liberticide

Depuis les dernières annonces d’Emmanuel Macron sur la situation sanitaire, un large mouvement de contestation contre la mise en place du pass sanitaire et la vaccination obligatoire est en train d’émerger. Ces mobilisations sont encore une preuve de l’inaptitude du gouvernement à gérer la pandémie et ses conséquences. Plus d’un an après le premier confinement, aucune leçon ne semble avoir été tirée. Pire encore, les seules réponses encore envisagées par le gouvernement sont la répression et tout faire pour un « retour à la normale » le plus rapide possible. Ce retour à marche forcée se faisant encore une fois, sans prendre en compte la dangerosité de la quatrième vague que nous affrontons actuellement.

Le pass sanitaire est une nouvelle arme de l’arsenal liberticide mis en place par l’État. Ces mesures toucheront une fois de plus les personnes les plus précaires, les habitant·es des quartiers populaires et les personnes sans papiers ou SDF, pour lesquelles l’accès à la vaccination était déjà difficile. Cela ne risque pas de s’améliorer avec les pénuries. L’État fait porter la responsabilité aux salarié.es en les menaçant de licenciement et les mesures contraignantes prévues sont un blanc-seing offert à la bourgeoisie. Elles lui permettent de maintenir toujours plus la pression sur les travailleurs et travailleuses qui n’auront pas la possibilité d’être vacciné·es avant la mise en place de ce pass. Les risques de licenciement et d’augmentation de la précarité sont réels et dramatiques, alors que la crise économique traversée ne fait que s’accentuer avec le temps.

Pour l’accessibilité des vaccins et une vaccination large

Au-delà de leur aspect liberticide, les mesures contraignantes sont contre productives sur le court terme. Elles ne font que renforcer la défiance de la population vis-à-vis du vaccin. La confiance est déjà largement mise à mal par l’enchaînement d’injonctions contradictoires et de mesures absurdes mises en place depuis un an et demi. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de mesures répressives et brutales, mais c’est d’une campagne de vaccination généralisée, accompagnée de mesures comme des jours de congés octroyés pour permettre la vaccination.

S’il est important de généraliser la vaccination à tous·tes, c’est parce qu’elle est pour l’heure le seul moyen efficace + (actuellement disponible ) pour endiguer la pandémie, réduire drastiquement le nombre de mort·es potentielles face à la prolifération du variant Delta comme on peut le voir dans les pays majoritairement vaccinés. Mais cela n’est envisageable qu’avec une levée immédiate des brevets, la réquisition et la socialisation du système de santé dans sa globalité et des outils de production de vaccins.

Néanmoins, si au vu de tous ces éléments, il peut apparaître légitime à une partie de la population de se mobiliser contre un agenda mortifère et toujours plus oppressif de la part du gouvernement, nous ne pouvons passer sous silence et ignorer que ces mobilisations sont aussi le lieu d’expression d’une partie de l’extrême droite et des mouvements anti-sciences, anti vaccins et globalement conspirationnistes.

Nous condamnons fermement les références faites à la Shoah et les parallèles antisémites qui sont visibles dans ces manifestations, comme nous condamnons la qualification d’« apartheid sanitaire » concernant ce pass sanitaire et les considérons comme ce qu’elles sont, l’expression d’une porosité dangereuse entre l’extrême droite et ce mouvement qui se construit. En réalité, ce sont les capitalistes qui privent la majorité du monde de l’accès à cet outil essentiel qu’est le vaccin dans la perspective d’endiguer cette pandémie à l’échelle de la planète. Il en va de même de la reprise des slogans féministes repris à tort (tel que « mon corps = mon choix ») et des références faites aux violences sexuelles et au viol concernant la vaccination. Nous le répétons, la vaccination n’est pas l’affaire d’un choix individuel, mais une nécessité collective, celle de la volonté de se protéger et protéger les autres (notamment les personnes ne pouvant pas se faire vacciner) et nous ne souscrivons en aucun cas aux visions validistes qui minimisent l’impact et les mort·es de ce virus.

Si nous entendons donc ces mobilisations, nous pensons qu’il est essentiel et vital de nous mobiliser au-delà de la défense des libertés individuelles. Il s’agit dès aujourd’hui de construire une riposte large, contre l’autoritarisme d’État, mais aussi contre les futures réformes prévues qui ne feront qu’accentuer les inégalités économiques (chômage et retraite) et de construire collectivement un modèle de société qui permette de faire face efficacement, collectivement et solidairement à la situation sociale et sanitaire que nous traversons.

Union communiste libertaire, le 23 juillet 2021

 
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