#MeeTooTheatre : Le théâtre pour tout·es, les violences sexistes et sexuelles pour personne

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Cela faisait quelques temps que les langues se déliaient en interne du monde du théâtre, mais depuis plus d’une semaine c’est un nouveau mouvement de libération de la parole d’ampleur qui explose sur les réseaux sociaux.

Libérez la parole

Comme ailleurs, cette parole visibilise la violence du système patriarcal et son omniprésence dans le monde du spectacle vivant. Et comme ailleurs on se rend compte qu’elle est partout, dans les petits théâtres comme dans les grands, dans les écoles renommées comme celles qui le sont moins. Profs pervers, metteurs en scène violents, directions qui ferment les yeux pour ne pas faire de vague, concurrence entre comédiennes, culture du viol ambiante, injonctions à répondre au désir injustifié du metteur en scène « au nom de l’art »… Si on rajoute à ça la précarité du métier qui pousse les victimes à se taire pour ne pas perdre un rôle, un emploi, une carrière, des contacts qui sont cruciaux pour obtenir l’intermittence… on a tous les ingrédients qui favorisent un climat propice aux violences sexistes et sexuelles.

Malgré cela, la parole se libère. Ça commence toujours timidement mais ça finit par exploser parce que c’est trop. Parce que ce n’est plus possible de continuer à subir sans rien dire. Les témoignages montrent que ce ne sont pas des cas isolés, chacun et chacune peut se dire « je ne suis pas tout·e seul·e ». Il y a un vécu commun, les mécanismes sont similaires partout parce que ces violences sont systémiques, ce sont celles du système patriarcal.

Contre le patriarcat et contre la précarité : s’organiser

Comme le dit la tribune du collectif #metootheatre [1] « Si libérer la parole est une chose, en prendre soin et la faire suivre d’actes en est une autre. » C’est pour cela qu’il faut dès à présent s’organiser entre personnes qui subissent l’oppression patriarcale parce qu’on est plus fortes toutes ensemble. Il faut réfléchir aux racines du problème, élaborer des revendications communes et les défendre partout par la lutte.

L’année dernière un mouvement d’ampleur d’occupation des théâtres a montré la voix en s’organisant localement et en se coordonnant nationalement. À l’heure où la scène médiatique est polluée par des discours haineux et réactionnaires, il faut s’inspirer de ces mouvements d’occupation pour prendre l’espace public et médiatique et imposer des revendications sociales et féministes. Il faudra les défendre dans la rue, sur les lieux de travail et d’étude, avec nos syndicats et nos contre-pouvoirs pour obtenir des moyens pour un théâtre accessible et émancipateur pour les spectateur et les spectatrices, pour les travailleurs et les travailleuses.

Union Communiste Libertaire, le 19 octobre 2021.

 
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