Politique

Macron continue l’offensive, préparons la rentrée sociale

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Emmanuel Macron s’est exprimé ce lundi soir. Comme à l’accoutumé, il a caché l’incapacité de son gouvernement à gérer la crise sanitaire en agitant le bâton du pass sanitaire ou l’obligation vaccinale pour les soignant·es. Comme si cela ne suffisait pas, il annonce fièrement sa nouvelle offensive contre nos conquis sociaux. Une déclaration de guerre en bonne et due forme à laquelle notre camp social doit se préparer à répondre dans la rue.

Il a commencé par annoncer la massification de la vaccination, et l’imposition du pass sanitaire pour accéder à de nombreux lieux de sociabilité ou de consommation. Les soignant·es doivent être vacciné·es, c’est une question de santé publique, mais cette vaccination doit s’accompagner d’une réelle prise en charge permettant aux personnels les plus précaires de le faire sans risque et sans peur.

Le gouvernement a fait applaudir les soignant·es en mars 2020, à présent il essaie de faire reposer sur eux-seuls la responsabilité de la crise sanitaire. C’est bien les gouvernements comme celui de Macron et ses prédécesseurs qui depuis des années détruisent notre système de santé public pour en faire une machine à fric. Et loin de remettre en cause leur politique libérale au service des capitaliste, ils rejettent leur incurie à gérer cette pandémie sur la population soi-disant irresponsable.

Nous devons imposer aux entreprises pharmaceutiques la levée des brevets et la socialisation du système de santé, pour une véritable vaccination universelle et mondiale, seule à même d’enrayer pour de bon cette pandémie.

La massification de la vaccination n’est acceptable que si un véritable effort à destination du plus grand nombre est accompli. En particulier, il est nécessaire dès à présent d’aller proposer la vaccination auprès de toutes les populations, les plus vulnérables. Des centres de vaccination doivent être ouverts sans délai dans tous les quartiers populaires, et là où vivent les sans-papiers, et avec un égal accès sur l’ensemble du territoire y compris dans les zones rurales même les plus reculées. Sans quoi, les mesures restreignant l’accès à certains lieux aux seul⋅es vacciné⋅es auront pour conséquence l’ostracisation des populations les plus exploité⋅es.

Macron continue son offensive contre notre classe

Mais Macron ne s’est pas contenté d’annonces relatives à la situation sanitaire. Il a également annoncé le retour de deux réformes libérales au service de la bourgeoisie : la réforme de l’indemnisation du chômage mise en œuvre à compter du premier octobre, et celle des retraites.

La réforme du chômage a été retardée en raison de la mobilisation des travailleurs et travailleuses précaires, en particulier dans le spectacle vivant, et de l’action en justice notamment portée par les organisations syndicales. C’est un nouveau coup de massue asséné aux plus précaires, qui ont déjà payé le prix le plus lourd de la crise sanitaire et économique des deux dernières années. Cette réforme annonce une ouverture plus difficile aux droits au chômage pour une indemnité plus basse.

Les grèves et la mobilisation massives avaient empêché le gouvernement de faire passer son projet de casse des retraites avant le confinement de mars 2020. Désormais, Macron choisit de relancer la machine « dès que les conditions sanitaires seront réunies ». C’est un nouveau signal adressé par le chef de l’État, dans la perspective de la future élection présidentielle, à la bourgeoisie qui l’a porté au pouvoir. Il s’agit de détruire les mécanismes de solidarité entre générations, et de faire travailler plus longtemps pour des pensions plus faibles celles et ceux qui n’ont pas d’autre revenu qu’issu de leur travail. Les femmes, les précaires, les ouvrier⋅ères seront les premiers et premières victimes de cette attaque d’ampleur contre les droits sociaux acquis par la lutte.

Cohérence sécuritaire dans l’incohérence sanitaire et sociale

Que ce soit sur la vaccination ou la réforme des retraites, un seul corps de l’État à droit à des exceptions, et échappe à la fois aux obligations sanitaires et au recul social : la police. Visiblement conscient qu’il n’a plus que la violence et la répression pour se faire respecter, ce gouvernement a décidé de ne plus prendre soin que de son bras armé, quitte à perdre toutes cohérences possibles dans ses discours.

Pour l’Union communiste libertaire, c’est par une mobilisation massive et son auto-organisation, notamment à travers nos syndicats, que nous pourrons établir un rapport de force suffisant pour non seulement enterrer ces réformes et la politique désastreuse de Macron, mais aussi arracher aux capitalistes et au gouvernement de nouveaux droits sociaux. Le travail d’information et de mobilisation commence maintenant. Notre avenir n’est pas à vendre !

Union communiste libertaire, le 13 juillet 2021

 
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