Communiqué

Police et Justice lyonnaise, main dans la main pour protéger les violences de l’extrême-droite

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Alors que va s’ouvrir le procès de 7 militants antifascistes, inculpés sans plaintes des prétendues victimes, pour des faits de violences volontaires en réunion et groupement en vue de la préparation de violences ; nous militant·es de la librairie la Plume Noire et de l’UCL souhaitons dénoncer la complaisance de la police et de la justice lyonnaise envers les faits de violences de l’extrême droite.

Pour rappel, notre libairie a été prise plusieurs fois pour cible par des militants d’extrême-droite et a subi plusieurs attaques violentes en 5 ans :

En novembre 2016, alors qu’un rassemblement de catholiques intégristes interdit par la Préfecture se tenait place Colbert, des militants équipés de matériel d’attaque et identifiés comme appartenant à plusieurs groupuscules d’extrême-droite ont été tranquillement laissés par les forces de l’ordre durant tout le rassemblement. À la fin de celui-ci, ils ont pu descendre les pentes de la Croix-Rousse, attendre que les forces de l’ordre quitte les lieux et remonter à une trentaine en direction de notre librairie. Ayant le champ libre, ils ont violemment attaqué et brisé les vitrines de notre local en essayant de pénétrer à l’intérieur. L’autodéfense des camarades à l’intérieur a permis d’éviter le pire. Les assaillants ont pu tranquillement repartir, revendiquer leur attaque sans être inquiétés.

En décembre 2020, ce sont deux bénévoles de l’association PESE qui ont été tabassés alors qu’ils fermaient la librairie à la fin d’une journée de collecte de jouets pour les fêtes de fin d’année. Malgré deux plaintes déposées et la marque très claire de l’extrême-droite, les deux plaignants attendent toujours des nouvelles de l’enquête.

En mars 2021, c’est en plein après-midi, à 14h, durant l’ouverture d’une collecte alimentaire de la même association PESE, que la librairie est prise d’assaut par une cinquantaine de fascistes. Les vitrines cèdent sous les attaques et les jets de pavés mais encore une fois, les camarades sur place ont pu éviter toute intrusion. La vidéo de l’attaque a fait le tour des médias : les fascistes ont pu repartir tranquillement sans se séparer, se prendre en photos avec une banderole dérobée sur la devanture de la librairie et retourner au Vieux Lyon. Assez récemment, l’extrême droite a de nouveau revendiqué l’acte avec une de leur vidéo mise en ligne sur le site néo nazi Ouest casual. Les forces de l’ordre avaient contrôlé la semaine précédente une trentaine de fascistes, les empêchant de passer à l’acte mais cette fois-ci, bien qu’ayant été repérés par les caméras de surveillance, ils ont laissé faire en surveillant de loin.

Sur ces deux attaques et l’agression des 2 bénévoles, des plaintes ont été déposées. Nous nous sommes renseignés via un avocat pour savoir où en était ces plaintes. Le résultat, même s’il ne nous surprend pas, a de quoi renouveler notre indignation :

  • la plainte de 2021 a été classée sans suite alors qu’au moins 2 militants d’extrême droite ont été clairement identifiés sur les vidéos par les plaignants.
  • la plainte de 2016 et celles de décembre 2020 n’ont pas été enregistrées au tribunal et sont restées dans les tiroirs du commissariat ! Aucune enquête n’a eu lieu !

Ces faits démontrent clairement une chose : la police et la justice lyonnaise protègent l’extrême-droite lyonnaise malgré les preuves ; et s’acharnent sur les militant·es antifascistes, les militant·es syndicaux, les militant·es associatifs ! Loin d’être des instruments neutres au service de la collectivité comme le prétend un certain discours « républicain », ces institutions servent un pouvoir politique qui regarde avec complaisance la violence fasciste et considére celles et ceux qui luttent pour plus d’égalité comme des dangers publics.

C’est en nous mobilisant de manière collective que nous pourrons imposer aux pouvoirs publics de rompre avec cette complaisance et ce deux poids deux mesures.

Communiqué de l’UCL Lyon du 2 novembre, repris par l’Union communiste libertaire, le 5 novembre 2021.

 
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