Appel unitaire

« En défense des libertés », l’engagement de l’UCL

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Avec d’autres organisations politiques de gauche, l’Union communiste libertaire a fait le choix de s’inscrire dans une démarche unitaire de défense des libertés publiques face à la stratégie autoritaire et réactionnaire qu’applique le pouvoir macronien en réponse aux mobilisations sociales.

Si l’UCL a fait ce choix c’est par sens des priorités. Les deux lois sur le « séparatisme » et la « sécurité globale » cimentent cette stratégie à l’œuvre depuis plusieurs dizaines d’années. Face à une crise sanitaire économique et sociale grave, l’État choisit le rapport de force avec les classes populaires, pas avec les capitalistes. Nous n’attendions pas une attitude différente du pouvoir et nous ne sous-estimons pas le boulevard ainsi offert aux forces fascistes.

Nous savons qu’il nous appartient, à la base, de construire les nécessaires solidarités et résistances populaires. Et nous savons que pour ça, les démarches unitaires sont bien plus des atouts que des obstacles.

Le « venin du racisme » dont parle le texte que nous avons signé est une réalité de plus en plus crue : ses premières victimes en sont la jeunesse et les travailleurs et travailleuses sans-papiers, les populations des quartiers populaires notamment celles immigrées ou issues de l’immigration, les habitant·es des bidonvilles, les personnes de confession musulmane ou assignées comme telles…

Une campagne pilotée du plus haut sommet de l’État

Les procès inquisitoriaux en « islamo-gauchisme » dans lesquels se sont lancés le pouvoir et ses ministres les plus réactionnaires (Blanquer, Darmanin, Vidal) contribuent à cette stratégie islamophobe et raciste visant à stigmatiser et discriminer une partie de la population française et ayant pour effet de diviser les classes populaires et celles et ceux qui cherchent à défendre l’égalité et l’émancipation.

Cette véritable campagne, complètement liée à celle contre le prétendu « séparatisme », impulsée du plus haut sommet de l’État et relayée complaisamment dans nombre de médias de masse, nous rappelle que l’héritage du racisme colonial continue de gangréner notre pays.

Dans ce contexte, il est fondamental de construire des ripostes larges : c’est en ce sens que l’UCL appelle à la marche du 20 mars contre les violences policières et le racisme avec les collectifs des familles des victimes et avec les collectifs de sans-papiers et la Marche des solidarités. C’est aussi pour cela que l’UCL appelle à prendre part à la journée de mobilisation contre l’islamophobie du 21 mars appelée par le Front commun contre l’islamophobie.

Comme le dit le texte unitaire : « nous affirmons notre soutien aux collectifs et associations qui militent avec constance dans ce domaine ».

Mobilisation antiraciste le week-end du 20-21 mars

Le weekend du 20 et 21 mars se doit d’être un weekend antiraciste massif.

La loi « sécurité globale » est une menace extrêmement grave pour les libertés publiques et démocratiques. Ne nous y trompons pas, cette stratégie autoritaire assumée par l’État vise en premier lieu à entraver les mobilisations de masse comme les grèves contre les lois travail, celles pour la défense des retraites, les manifestations des Gilets jaunes ou celles contre les violences policières de l’été, et à donner carte blanche aux forces de répression de l’État pour les mater dans la plus grande violence.

L’UCL et ses militant·es se sont inscrit·es dans les mobilisations impulsées par la coordination Stop loi Sécurité globale et nous jugeons nécessaire de les poursuivre et de les amplifier comme des les faire converger avec les mobilisations contre la loi « séparatisme ». La proposition d’une « grande initiative de rue pour les libertés » au printemps va dans ce sens.

Renforcer les contre-pouvoirs collectifs, associatifs et syndicaux

Nous jugeons, non seulement nécessaire, mais véritablement primordial de construire la riposte aux plans de licenciements et aux attaques contre les travailleurs et les travailleuses.

Cela veut aussi dire ancrer les mobilisations dans les classes populaires comme sur les lieux de travail : et cela le mouvement social, ses associations, collectifs et syndicats, en est le plus et le mieux capable aujourd’hui et les organisations politiques ne pourront et ne devront s’y substituer.

Dans la période que nous traversons, l’UCL appelle donc en priorité à construire et renforcer les outils de lutte que sont les associations, les collectifs, les syndicats qui sont autant de contre-pouvoirs.

Des grèves, des luttes, il y en a : elles sont un élément déterminant de la résistance au pouvoir et de l’autodéfense de notre classe.

C’est aujourd’hui, dans l’unité et dans les luttes, que se construit la riposte et se posent les jalons du pouvoir populaire.

Union communiste libertaire, le 15 mars 2021

Marche des libertés, Paris, 28 novembre 2020

Photos : Patrice Leclerc/Photothèque du mouvement social


EN DÉFENSE DES LIBERTÉS

Plusieurs mouvements de gauche s’associent dans une déclaration commune en défense des libertés et affirment leur soutien aux mobilisations annoncées par la coordination contre la loi sécurité globale. « Chacun séparément nous nous opposons à cette politique. Il est temps de nous rassembler, au delà des clivages partisans, pour dire de notre refus de cette politique qui nous prive chaque jour davantage de nos libertés. »

La chasse aux sorcières annoncée par la ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation à l’encontre des enseignant-e-s, chercheuse-re-s, étudiant-e-s qui « gangrèneraient » l’université par leur islamo-gauchisme marque un cran de plus dans la dérive droitière, autoritaire, et liberticide du gouvernement et sa complaisance à l’égard des propagandes racistes.

Les accusations infondées de la Ministre ont déclenché des réactions d’ampleur dans le monde de l’université et de la recherche, en France et à l’étranger. Après tant d’autres, ce sont dorénavant les libertés académiques qui sont mises en cause au nom d’une chimère inventée par l’ultra-droite.

Ensemble, nous disons que l’insupportable est atteint. Emmanuel Macron et son gouvernement se placent ainsi dans les pas de Donald Trump qui, en juillet dernier, s’en prenait à l’enseignement « antipatriotique de l’histoire américaine » dans les universités.

Toujours plus libéral et autoritaire, le régime accumule les mesures liberticides, que ce soit par la répression et la criminalisation des mobilisations sociales, la situation d’État d’urgence permanent, ou encore la loi sécurité globale.

Ces mesures empruntent en partie au Rassemblement national et ses thèmes identitaires, notamment à travers la loi « séparatisme » et la stigmatisation des musulmans, qui distillent le venin du racisme. Au lieu de le combattre, elles ne font que favoriser sa progression, renforcer les divisions dans la société, et donc le risque majeur de son arrivée au pouvoir.

Chacun séparément nous nous opposons à cette politique. Il est temps de nous rassembler, au delà des clivages partisans, pour dire de notre refus de cette politique qui nous prive chaque jour davantage de nos libertés.

Nous voulons aussi le faire ensemble, afin d’œuvrer à la mobilisation citoyenne la plus large possible pour la levée de toutes les mesures liberticides et discriminatoires.

Ensemble, nous soutiendrons et nous proposerons des initiatives en faveur des libertés publiques et contre les discriminations dans les mois à venir.

Ensemble, nous affirmons notre soutien aux collectifs et associations qui militent avec constance dans ce domaine. Ce glissement de l’exécutif interroge bien au delà de nos organisations et suscite largement une réaction de tous ceux qui sont attachés aux libertés individuelles et publiques.

Ensemble, nous commençons donc par affirmer notre soutien aux mobilisations annoncées par la coordination contre la loi sécurité globale :
- Le mardi 16 mars au moment du passage de cette loi devant le Sénat ;
- Le samedi 20 mars en rejoignant la marche contre les violences policières appelée par les collectifs de familles des victimes.

Ensemble, nous affirmons la nécessité d’une grande initiative de rue pour les Libertés, revendicative et festive au printemps. Elle devrait être la plus large possible, réunissant citoyen-ne-s, associations, syndicats, collectifs en lutte, partis, artistes, teufeurs. À cette fin, nous préférerions que la responsabilité de cet appel soit prise par l’actuelle coordination réunissant les associations, syndicats et collectifs œuvrant à la défense des droits de l’homme ni et des libertés publiques. Nous prenons dans les jours à venir des contacts avec ces organisations afin d’atteindre cet objectif.

Signataires : France insoumise, GDS, Génération.s, Ensemble !, PEPS, Nouveau Parti anticapitaliste, PCOF, PG, POI, Union communiste libertaire.

 
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