Communiqué UCL

Journée internationale contre les LGBTIphobies

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Le 17 mai aura lieu la journée internationale contre les LGTBIphobies. Cette date, initiée par des militant-es LGBT, commémore le 31e anniversaire de la décision de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. Si pour beaucoup, la date choque et la décision paraît anachronique, elle est un rappel qu’il y a encore à lutter pour l’égalité inconditionnelle et pour la dignité.

L’objectif de cette journée est de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l’ homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie et l’intersexephobie. En tant que communistes libertaires, L’UCL s’inscrit dans les objectifs de cette date et dans la construction de contre-pouvoirs à même de faire reculer le patriarcat et l’hétérosexisme. En cette journée de combat, 5 éléments-clés sont à retenir de la situation des LGBTI sur le territoire.

  1. Ce 17 mai nous commémorons également les 5 ans de l’attentat d’Orlando, crime de masse homophobe , à caractère transphobe et raciste qui a coûté la vie à 49 personnes et fait 59 blessé·es aux États-unis.
  2. Il y a un mois, dans toute la France, les lesbiennes et leurs allié·es ont marché pour le droit à la PMA pour toutes et la liberté des femmes, lesbiennes ou non, et des personnes trans, à disposer de leur corps et à accéder à la parentalité. Il s’agit des premières manifestations de masse des lesbiennes et allié·es en France : 10 000 personnes ont défilé à Paris, 2000 personnes à Lyon. Depuis 2012, les mobilisations en faveur de la PMA pour tou·tes et contre les discriminations à l’accès n’ont pas faibli. Hier comme aujourd’hui, le pouvoir s’est assis sur ses promesses. En février dernier, le sénat a réduit et rejeté les mesures en faveur de la PMA pour Toutes contenues dans la loi bioéthique. Une troisième lecture doit se tenir mais les annonces se font attendre. Nous leur tiendrons tête car c’est dans la lutte des opprimées que réside notre espoirs.
  3. Lutter contre les LGBTIphobies c’est lutter contre des violences de masse. Aujourd’hui plus de la moitié (53%) des personnes LGBTI dénoncent avoir été victimes d’une agression homophobe. Cette année L’État tente de calme le jeu en clamant partout que les agressions seraient en forte baisse en 2020. Nous ne sommes pas dupes que le contexte de crise sanitaire est la première cause de ce recul du dépôt de plaintes et que la situation pour les LGBT n’a elle pas changée. En début d’année, l’affaire Guillaume T., en même temps qu’elle a démontre l’impunité de la classe politicienne (même à gauche), a été à l’origine du mouvement #metoogay. Le jeune homme peu de temps après avoir dénoncé un responsable politique et son conjoint pour viol , s’est donné la mort.
  4. Le fléau des LGBTIphobies dans la jeunesse a durement marqué la fin de l’année dernière : le suicide de Doona étudiante transgenre et Avril- Fouad lycéenne également transgenre. Leurs morts ont donné lieu à des mobilisations importantes dans toute la France contre la transphobie. Nous n’oublierons pas la réaction du ministre Blanquer qui à la suite de la mort d’Avril avait déclaré qu’il fallait s’habiller « normalement ».
  5. La montée de l’extrême-droite et des thèmes fascistes est une montée des LGBTIphobies et des agressions.** Samedi 24 Avril à Lyon, près de 80 fascistes ont attaqué la Dyke’s march rassemblée pour la fierté lesbienne et le droit à la PMA. Cette attaque est l’un des multiples passages à l’acte de l’idéologie homophobe, marche-pied du nationalisme et du fascisme.

Ce que nous défendons pour ce 17 mai

Le 17 mai est une journée de lutte mais aussi un rappel que combattre efficacement l’homophobie,la biphobie, la lesbophobie et la transphobie, ne peut se limiter à quelques déclarations de soutien ; c’est avant tout un long travail au quotidien, de lutte pour l’égalité des droits et contre tous les actes, propos et comportements homophobes et transphobes, et plus largement contre toutes les oppressions, pour développer une véritable solidarité contre les oppresseurs.

Nous voulons vivre sans domination, vivre libres dans une société débarrassée de l’exploitation, où l’égalité sociale serait assurée par la gestion collective de nos besoins et moyens de production, où l’émancipation de chacun·e serait l’affaire de tou·tes tant dans son orientation sexuelle que dans ses choix de vie, où la solidarité serait la base de la société. C’est ce qu’on appelle le communisme libertaire.

Nous revendiquons dans l’immédiat

  • l’arrêt de la psychiatrisation et de la stérilisation forcée des personnes trans
  • le changement d’état civil sur demande
  • l’accès aux hormones, à la chirurgie, à la santé, pour les personnes trans
  • l’accès à la PMA pour tou·tes
  • l’accès égal pour tou·tes au don du sang
  • le maintien et la facilité d’accès à l’IVG
  • des moyens concrets et d’ampleur contre l’épidémie du SIDA
  • des moyens pour une éducation non sexiste et non hétérocentrée
  • la régularisation des migrant·e·s LGBT+ sous le statut de réfugié politique
  • l’interdiction des thérapies de conversion
  • l’arrêt immédiat des opérations et des mutilations sur les enfants intersexes
  • la suppression de la mention de sexe à l’état civil et sur l’ensemble des documents d’identité
  • d’avantage de moyens pour l’hébergement d’urgence des mineur·es et la la protection de l’enfance

Union communiste libertaire, le 17 mai 2021

 
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